Novum Papam habent

C’est marrant : Chez Raoul, nous n’avons rien à secouer des affaires de l’Église Catholique – en revanche nous détestons franchement l’église cathodique- mais « on » nous fait remarquer : « Ben alors, vous ne dites rien du nouveau Pape ?». Ben que voulez-vous qu’on en dise ? Ce n’est pas nos oignons. Non que nous n’ayons quelque notion de la Perfection, mais disons que c’est davantage une notion de la Mèrfection lorsque nous écoutons et regardons une merveilleuse jeune danseuse et violoniste prénommée Lindsey. Encore pensons-nous ça parce qu’elle est, comme une divinité, inaccessible : l’admiration s’use au quotidien. Qu’elle reste au ciel des artistes, et nous resterons sur la Terre qui, du moins en France, est bien loin d’être jolie.

Bon, le Pape, donc. Ben bon… Puisque notre Camorra me demande de résumer nos idées, hein ? Allons-y ! On nous en raconte tant et plus sur lui dans les pages des canards et les boîtes à conneries. Qu’il aurait été un peu compromis avec je ne sais quelle dictature en Argentine : on s’en fout, nos gouvernants ont bien été trotskystes à un moment ou à un autre, n’est-ce pas ? C’est pas mieux, et ils ont beau jouer aux bons pères socialistes, ce sont de sinistres fripouilles, je ne sors pas de là. On dit aussi -là, les merdiastres ne sont pas à une contradiction près- tantôt que Jorge Maria Bergoglio est un vieux réac, tantôt qu’il est progressiste. Question de point de vue : qu’est-ce qu’un « réactionnaire » ? Pour nous, un réac c’est un gusse qui croit en l’omnipotence d’un État redistributeur et « organisateur » de l’économie, un socialiste, quoi, et la palette est large qui va de Méchant-con à Dupont-Gnan-Gnan. Autrement dit, l’ensemble de notre caste politique.

Ce qui est amusant, et regrettable tout autant, c’est que les « progressistes » sont très exactement des réacs, c’est-à-dire qu’ils essaient de ramener l’humanité à un stade animal d’avant la station bipède, comme s’y acharnent une bande de haschischins appartenant à Urope-Escrologie, ou au bon vieux hitléro-stalinisme de nos… J’allais dire « grands-pères », mais non, le ventre est toujours fécond d’où est sortie la bête immonde. Revenons-en à Bergoglio. On nous dit qu’il tient aux dogmes et n’aime pas trop le tournant pervers des mœurs de maintenant : nous ne saurions lui en tenir rigueur, puisque nous pensons de même. Pas sur la question des dogmes, on s’en fout, c’est affaire de curés, mais pour les mœurs d’accord avec lui.

On nous dit aussi qu’il serait contre  la prétendue mondialisation : « nous ne pouvons ignorer la culture de nos peuples. » Ben c’est assez sain de penser comme ça : on a trop tendance à confondre le libre-échangisme avec le dynamitage des frontières. L’idée d’un « gouvernement mondial » ne pouvait naître que dans la tête paranoïaque de crânes d’œufs demeurés ; le jour où un Chinois penserait et vivrait comme un Américain, un Européen, un Arabe etc…, l’humanité serait bien proche de sa fin. Heureusement, nous sommes tous séparés par l’altérité, sinon nous serions une humanité de pauvres types. Les Nations marquent les frontières sociologiques entre les peuples, et on a beau essayer de leur tordre le cou, elles ne cessent de renaître, comme naissent pour la même raison des clans de quartiers ou de familles. C’est juste une loi anthropologique.

Il s’ensuit que la chicorne va de pair avec le marché : commerce et belligérance sont le lot des hommes. C’est pour cela qu’il ne faut pas confondre le libre-échange, même à l’échelle planétaire (ce qui sera toujours loin d’être le cas) avec une mythique « mondialisation ». Nos libéraux ordinaires, demi-habiles, honnissent les nations. S’ils étaient un peu plus habiles, ils verraient qu’il n’y a pas de contradiction entre protéger sa culture (et donc faire ses propres lois) et ne pas faire de protectionnisme économique. Les véritables « libertariens » ne font pas cette erreur.

En revanche, pour en revenir au Pape, on nous dit aussi que son idée est, en matière de gouvernement, complètement opposé au libéralisme : « À l’image du communisme, perdu par ses propres contradictions, le libéralisme va également s’effondrer par ses contradictions.» On rigole, Chez Raoul, car le souverain pontife – qui n’a rien des souverains pompistes de l’Arabie, par ailleurs – confond la contradiction logique (en termes de logique formelle) qui fonde les élucubrations socialo-communistes, avec les contradictions dialectiques qui fondent les rapports sociologiques. Il n’est pas de contrat sans contradictions, et c’est même celles-ci qui amènent à renégocier les contrats, à faire de l’histoire. Ce qui veut dire : l’économie libérale, au lieu d’être l’application mécanique d’axiomes, est appelée à changer constamment de tronche, au gré des contrats sociaux, du commerce et de la belligérance.

Alors, on nous dit : « La vision de l’économie qui ressort du Vatican depuis le Concile Vatican II se limite souvent à la vision des démocrates-chrétiens et des sociaux-démocrates de l’Europe de la deuxième moitié du XXe siècle (et pas par hasard, c’est de ce contexte que sont issus la plupart des penseurs économiques actuels de l’Eglise) : un peu de libre-entreprise, mais pas trop ; un peu de syndicalisme, mais pas trop ; un peu de redistribution fiscale, mais pas trop. » Je ne sais pas si c’est en accord avec la pensée du Pape, mais c’est un bouya-bouya peu différent de ce que propose l’union uropéenne : un étatisme « modéré ». Comme si un État n’était pas par nature une machine boulimique, gaspilleuse et confiscatoire. Bien sûr, on m’objectera : « Et les pauvres ? »

Soyons clair, au risque de fâcher. A) La pauvreté naît du dirigisme sous toutes ses formes, non du libéralisme. B) Sans confondre un processus anthropologique avec la thermodynamique, l’égalité économique (en fin de compte dans une pauvreté universelle) paralyse la production et l’échange. Au-delà des lois de la physique, mais comme pour elles, le déséquilibre fait marcher la machine. La production de biens ne naît que de l’effort conjoint du capital et du travail. C) La pauvreté est quelque chose de relatif : suivant les pays et les époques de l’histoire, on n’est pas « pauvre » selon les mêmes critères et de la même manière. D) Il est des pauvres par les coups du destin (maladies, accidents, dévastations…), et à ceux-là il est légitime d’apporter une aide pour les maintenir dans le flux des activités sociales, et il en est qui le sont par bêtise et par paresse. A ceux-là (lecteur, tu vois qui je vise) il est démagogique et immoral de donner des subsides. La charité doit être sélective, et la parabole des « ouvriers de la onzième heure » montre que le dénommé Jésus était un vrai démago doublé d’un mauvais économiste.

En plus, c’est bien beau de dire qu’il faut que l’Église soit celle de la pauvreté. Qu’elle essaie, et ses centaines de millions d’adeptes se trouveront in petto sans protection, sans armes et sans chefs devant l’ennemi religieux. Ce n’est même pas pensable, à moins que ce Pape-là ne soit suicidaire pour sa chapelle. Car les imâms et autres ayatollahs la guettent au tournant. L’œcuménisme de Vatican II était évidemment une ânerie, étant entendu que a) Juifs, Chrétiens et musulmans ne croient pas au même dieu, et que b) ce sont justement ces dissensions fondamentales qui ont fait exister ces trois calamiteux monothéismes. Alors quand on confond tout, il n’est pas étonnant que les sectateurs de Mahomet, qui eux ne confondent pas, collent des pains sur la gueule des sectateurs de Jésus et que ces ânes-là tendent la joue droite pour la stéréo. Bref : ce n’est pas nos oignons, mais ça l’est quand-même dans la mesure où l’ennemi religieux des chrétiens est en même temps un ennemi civilisationnel : c’est pour cela que les musulmans espèrent que ce Pape fera lui aussi des mimi au coran. Or c’est d’un Pape de croisade dont la civilisation a besoin, pas d’un cire-babouches.

Oh Bonne Mère ! Ces religions sont une vraie calamité !

Raymond.

 

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