Hum… Hum…

Municipales 2014 (1)Les socialistes et leurs complices ont pris une petite claque. Certes pas autant qu’ils le méritent, mais un sérieux camouflet tout de même, de quoi inquiéter la faune élyséenne qui, pourtant, n’a pas manqué de multiplier les procédés antidémocratiques, chausse-trapes et autre ruses fumigènes pour tenter d’enrayer le processus de désaveu de sa politique catastrophique. De quoi, aussi, nous réjouir.

L’on pourra toujours arguer du fait qu’il s’agit d’une consultation « locale », les faits sont là. Il convient de relativiser les résultats donnés par le ministère de l’intérieur : les pourcentages affichés ne permettent pas de se faire une idée précise du poids respectif des partis constituant la caste politique ; notamment, le FN n’a pas présenté des listes dans la totalité des villes, et de nombreuses petites communes n’ont voté que pour une liste unique, souvent sans étiquette.

Néanmoins, le lecteur pourra se faire une idée de l’importance des deux partis jumeaux en consultant les pourcentages officiels : l’UMP devance le PS de plus de cinq points. Mais, comme toujours, il ne s’agit que de taux calculés selon le nombre de suffrages exprimés. Il convient de rapporter les résultats à l’effectif total du corps politique, soit 44 800 000 citoyens inscrits. Le diviseur 1% est donc de 44 8000. Les résultats sont donnés dans le tableau ci-dessous, la colonne de droite exprimant les pourcentages réels, rapportés au 1% du corps politique.

Inscrits 44800000 %exprimés % réel
Abstentions 16069760 35,87
Exprimés 28730240 64,13
UMP 13371053,7 46,54 29,85
PS 10842792,6 37,74 24,20
FN 1338829,18 4,60 2,99
gauchistes 166635,40 0,58 0,37
Bl ou nuls 3010929 6,72

Le poids du FN est bien entendu sous-estimé, pour la raison déjà évoquée. L’UMP n’atteint pas 30%. Quant au PS, il n’obtient que 24,20%, soit 1,2% de plus que la moyenne des cotes de popularité récentes de Hollande. C’est sans doute trop, mais il faudrait tenir compte de la notabilité de certains candidats socialistes auprès des électeurs, effet non nul bien que très marginal. Les tonitruants extrême-gauchistes sont réduits à 0,37%. Il demeure tout de même 3 010 929 votes dont les votes blancs, nuls, ou non identifiés, en tous cas des votes qui ne semblent pas avoir été en faveur de l’une ou l’autre des composantes de la caste politique.

Evidemment, les abstentionnistes constituent, avec 16 069 760, la part la plus intéressante du corps politique. J’entendais sur BFM-TV le sieur Désir parler des « abstentionnistes de gauche » qui auraient voulu, selon lui, envoyer « un message » au PS ; il les implorait de venir soutenir ses candidats au second tour, en leur promettant, juré-craché, que leur « message » avait été entendu et que l’on allait enfin s’occuper vraiment du sort des Français. Il y quelque naïveté à entretenir l’illusion d’une réserve de voix à gauche ; peut-être se situe-t-elle dans ce 6,72% de blancs, nuls ou non identifiés, c’est à démontrer. Mais il me semble plus vraisemblable que ces voix sont allées vers le FN dont le programme socio-économique ne diffère pas sensiblement de celui du PS, immigrophilie en moins.

Certains commentateurs politiques semblent avoir compris que l’abstention révélait un « désamour » pour la caste politique. C’est une hypothèse recevable, du moins dans le cas d’une fraction indéterminée de l’effectif des abstentionnistes. Les citoyens qui la composent savent qu’ils n’ont de choix réel qu’entre trois nuances du même étatisme et qu’en fin de compte, les résultats seront les mêmes, à peu de choses près, quel que soit le gagnant. Je pense, quant à moi, que parmi ceux qui ont opté pour l’un ou l’autre des partis de la caste politique, une majorité a voté par pis-aller, tandis que nombre d’abstentionnistes ont refusé de jouer un jeu truqué. De cette tromperie l’on voit le reflet dans les tractations diverses qui se déroulent au sein des blocs politiques. Cela montre en tous cas qu’il manque une réelle alternative libérale à l’étatisme de la caste politique. Malheureusement, les libéraux sont absents du jeu, en tant que force politique organisée.

Un point, cependant, me paraît essentiel pour la suite à moyen terme. Le chef de l’UMP refuse le « front républicain » ; à bon escient, car les socialistes sont alliés aux écologistes et aux extrémistes staliniens. Mais exclure aussi des alliances tactiques avec le FN, c’est prendre le risque d’un gauchissement au second tour. Or l’objectif à moyen terme est de saper le réseau local du parti socialiste, autant que d’introduire une gestion municipale plus équitable et moins coûteuse. La tactique de l’UMP est donc contradictoire : elle ne peut mener qu’à une érosion de l’influence socialiste, pas à son affaiblissement nécessaire. Pour nous, libéraux, l’élimination du monstre le plus immédiatement nuisible est une priorité, quitte ensuite à laisser les deux monstres restant se dévorer entre eux – avec, il est vrai, pas mal de dommages collatéraux – ce qui ne manquerait pas de se produire.

Mais ce ne sont là, je le reconnais, que des spéculations : est-il raisonnable de supposer que la caste politique pourrait tirer les marrons du feu au profit du libéralisme ? Sans doute pas. Les exactions des étatistes ne rendraient pas un peuple, plongé dès l’enfance dans le dirigisme, libéral d’un coup de baguette magique. Bref, nous restons observateurs, en espérant tout de même que de très nombreuses villes passent à droite, car le danger présent, c’est le socialisme.

Sacha

Share
Cette entrée a été publiée dans A la Une. Vous pouvez la mettre en favoris avec ce permalien.

Les commentaires sont fermés.