« Singin’ in de rain.. » Nous déambulons, Soliveau II et moi, sur les pelouses élyséennes pour la leçon de maintien journalière. Il ne fait guère de progrès ! Passons… En tous cas, le Roi a l’air ravi, car il entonne ensuite son refrain favori : « Ah ! Les p’tit femmes, les p’tit femmes de Bity… ». Mais voici qu’apparaît une Élapidée (1) courant ventre à terre : le porte-parole. Elle se recoiffe puis susurre en sifflant deux-trois mots à l’oreille royale. Soliveau se rembrunit et commande : « Que l’on convoque Moscou-Vichy illico dans mon bureau ! ». Puis à moi : « Désolé, Alfred, nous devons interrompre cette leçon. A demain, même heure ! » Oh ! Oh ! Il y a anguille sous roche. Je me faufile prestement dans ma cachette, pour en savoir davantage
Rendu dans son bureau, le Roi peste contre son ordinateur qui refuse de s’allumer. En fait, il a tout simplement oublié de brancher la prise de courant au secteur. Mais voici que l’huissier annonce : « Son excellence le Ministre des Phynances ! » Le Roi, l’air bougon : « Or donc, Moscou-Vichy, je vous ai mandé céans pour entendre votre rapport ! » Le chef kleptomane ne s’en émeut pas, ce qui est normal puisqu’il pratique la politique de l’autruche.
« Nous sommes sur la bonne voie, Sire, commence-t-il, le budget 2013 sera un chef-d’œuvre de socialisme appliqué ! Nos chiens à bas de laine… » « Suffit ! ragea le monarque, je connais la chanson, et je sais que les Bercy-Pirates partent à l’abordage tous azi..bismuth.. » « Azimuts, sauf votre respect, Majesté » corrigea l’agrippe-sous. « Il ne vous sied pas de me reprendre, môssieur de mes Bourses ! claqua le Roi ! Poursuivez ! » Penaud, le Ministre reprit : « Comme vous le savez donc, Sire, nous ne diminuerons en rien les dépenses de Votre État. Nous allons même créer de nouveaux fonctionnaires, qui seront autant d’électeurs pour Vous. » Soliveau II pianotait d’impatience sur son bureau. « De plus, dit fièrement Moscou-Vichy, nous avons enfin trouvé une nombreuse population de contribuables à pressurer… » Le Roi parut intéressé : « Laquelle, mon bon Moscou-Vichy, laquelle ? »
« En fait, il y en a deux… » « Comme Papa, coupa le monarque, au fait, Vichy, au fait ! » « Eh bien, d’abord les retraités. C’est pas croyable : ces gens-là ont fini d’élever leurs enfants, payé leurs crédits immobiliers, et donc disposent de rentes confortables.. » « Cela est vrai, et donc anti-socialiste. Taxez, mon vieux, taxez ! encouragea le Roi. Et ensuite ? » « Ensuite ? Les auto-entrepreneurs… » « Keksékça ? » demanda Soliveau ahuri. « Oh ! Une embrouille montée par Morfalou ! » « Mais encore ? » « Un quidam peut décider de démarrer tout seul une activité, sans capital, et avec des formalités accélérées… » « Et ça rapporte ? « demanda le Roi. « Ma foi, des fois oui, il y a eu des start-up qui ont fait fortune.. » « Ah ! Ne me parlez pas du start-up automatique ! déplora le monarque, j’en avait un sur ma Dauphine, quand j’étais jeune, et ça ne marchait jamais ! »
« Heu… je parle d’entreprises, reprit le Détrousseur, celle-ci ont réalisé des bénéfices… D’autres moins, beaucoup se sont cassé la g… heu, figure, mais qu’à cela ne tienne : elles se revendent, et j’envisage de les taxer jusqu’à soixante pour cent ! » « Fort bien ! jubila le Roi, il n’est pas normal que des gens s’enrichissent impunément. Taxez, mon vieux, taxez ! » « Nous taxerons, répondit Moscou-Vichy, mais il y a un hic ! » « Nous y voilà ! grinça Soliveau, figurez-vous que je m’en doutais ! » « Oui, oui, mais nous ne devons pas hésiter, car nous risquons de faire entrer moins d’argent que prévu… » « QUOI ! rugit le Roi ? Expliquez-vous ! » Le Larron, hésitant : « Eh bien.. Je crains que nous n’ayons été optimistes dans nos prévisions de croissance : nous tablâmes sur 0,8, les experts disent qu’au mieux ce serait 0,3… » « Billevesées ! couina Soliveau, les gens paieront, nous y veillerons ! Mais ce n’est pas là le hic, n’est-ce pas ? »
Gêné, le Ministre ! « Les méchants réactionnaires disent que notre belle politique fiscale entravera la croissance et que… » « S’en fout ! tempêta le Roi, Terra-Nova et Tartes sur Câble trouveront bien une solution. Mais le hic, Moscou, le hic ! » « Le hic est que des entrepreneurs ne l’entendent pas de cette oreille et menacent ! » « Qu’on les pende ! hurla Soliveau. Que disent-ils ? » « Ils ont fondé le mouvement des Pigeons, ou #Geonpi, qui sévit sur Tweeter et FaceBook ! » « Fesse-Bouc, connais pas ! Mais Twik-twick, je connais, maugréa le Roi, cette gredine de Valérie… Bon, alors ? » « C’est parti vendredi dernier de LaTribune.fr, les gens des start-up ont dit que leurs entreprises ne supporteront pas Nos mesures fiscales pour 2013 ! » « Oh ! Les gredins ! » s’exclama le Roi. « L’ennui est que ça a fait tâche d’huile, et que les auto-entrepreneurs se sont reconnus eux aussi comme spoliés.. » « Spoliés ! Spoliés ! N’est-ce pas leur devoir de payer la casse du social ? râle le monarque, si personne ne paie, qui nourrira nos sans-papiers et nos clients, hein ??? »
« Bref, ils veulent manifester devant le Palais Bourbon dimanche prochain ! lâcha le Sinistre » Soliveau II blêmit et se gratta le poignet gauche, signe d’une angoisse intense : « Oh oh ! gémit-il, ces méchants hommes vont me faire du mal ! » Sa voix devint ultra-blanche : « Une manif’ ! Mais c’est Nous, qui manifestons, pas eux ! Si les patrons se mettent à manifester, nous sommes foutus ! » Je compris que c’était là l’annonce faite par Naja au Prince. Au bout d’un moment d’intense perplexité : « Il faudra leur rentrer dans le chou ! Que les CRS ne retiennent pas leurs matraques ! Après tout, ce n’est pas une minorité visible ! » trépigna-t-il. « Certes, j’en toucherai deux mots au petit grain de Valse, dit Moscou-Vichy, mais nous allons les déconsidérer, dire que ce sont des fous et des menteurs… » « Trrrrèèèèès bien ! jubila le Roi, que Le Monde explique au peuple que ces vilains n’y comprennent rien ! » « C’est déjà fait ! triompha le Kleptomane, et LCI le fit également d’un ton condescendant ! »
Toutefois le Roi n’était pas trop rassuré. « Evidemment, évidemment … Quoi de plus sur cette affaire, mon bon Moscou-Vichy ? » « Il y a les malpensants d’ExtrêmeCentre, un blog de libéraux exactement à l’opposé de Nos idées lumineuses, qui parlent d’un Tea-Party à la française ! » « Ils veulent prendre le thé ? Ah ! Cela me fait penser : il va être cinq heures, c’est l’heure de mon goûter, et Valy n’aime pas attendre ! dit le Roi, je ne vous retiens pas, mon bon ! » Le Ministre partit sur un « Serviteur, Sire ! » de mauvais aloi. Demeuré seul, Soliveau II chantonnait : « Tea-Party, and your fric for me, and you to me..couic ! fit-il en mimant la chute du couperet sur son col, brrrr ! Ces sagouins veulent ma tête, parole ! ». Il demeura un moment, attristé, puis se leva, fredonnant : « « Ah ! Les p’tit femmes, les p’tit femmes de Bity… » dans un soupir à se fendre la poire.
Alfred.
(1) La famille des Élapidae comporte des tas de serpents venimeux, comme les cobras, qui appartiennent au groupe des Najas. Le porte-parole gouvernemental fait partie des cobras cracheurs, qui vous balancent le venin dans les yeux, provoquant la cécité.
Share
Chez Books on Demand (BoD)

Excellente approche anthropologique de l'immense différence entre les femmes Russes et les horreurs quérulentes à cheveux bleus de chez nous.

Livre truculent, dont il faut retirer " la substantifique mœlle". Lorsque tout fout le camp, que faire ?
À lire pour rire et réfléchir !
Très instructif. À méditer !
D'où viennent-ils ? Qu'ont-ils vu ? Quel est le combat ?
Pensée et testostérone !



Insigne des Masques Jaunes :
adoptez-le, portez-le !






Bon ! À vos portefeuilles !





ASSEZ DE BARBARIE !!!

et toutes les formes de fascisme dont le socialisme.
Notre "antikons" a le droit d'aînesse :)
Que de tels mouvements naissent chez nous et dans toute l'Europe !