A M. le Président

Lu sur un site :

« A Monsieur le Président de la République Française.

Je demande qu’une loi d’amnistie soit votée immédiatement, en faveur de ceux qui se sont vu appliquer une amende majorée pour défaut de paiement de leurs contraventions. Je souhaites que cette loi d’amnistie couvre également les gérants malheureux qui ont été convaincus d’abus de bien sociaux, parce qu’ils ignoraient la rigueur des lois encadrant les sociétés, souvent en toute bonne foi. Ceux-là, les petits, les sans grades, travaillent comme des esclaves, la plupart du temps avec un salaire inférieur à la moyenne des salaires de leur entreprise, et se font allumer, le mot est juste, par le fisc pour quelques notes de restaurant « injustifiées » ou des nuits d’hôtel sans grand rapport avec l’activité. ceux-là, on n’entend pas leurs explications, personne ne relève leur inexpérience. Ils n’ont pas, eux, le bénéfice des circonstances atténuantes.

Je demande que les voleurs de croissants, les pisseurs contre les murs, les décolleurs d’affiches, les tripoteurs de gamines de 16 ans, les agacés du volant, les « pétéradeurs » à scooter, les chasseurs de gibiers sans carte, les laveurs de pare-brises à la sauvette, les pieds nickelés vivant d’expédients et de menues escroqueries soient absous. Leur petit commerce n’est pas bien dangereux, et il justifie la pléthore de policiers patrouillant en voiture, n’allumant le gyrophare pour traverser la ville rapidement à l’heure de l’apéro. Que les policiers qui liront ceci ne s’en offusquent pas, j’ai des preuves : à Limoges, le manège tellement repérable fut longtemps la risée du public, du temps du carrefour Tourny. Peut-être que les choses ont changé, mais je ne suis plus à Limoges et je me fiche éperdument des travers amusants des forces de l’ordre, il faut bien un peu d’huile dans les mécaniques pour qu’elles ne grippent pas.

Qu’il en soit ainsi également pour les mauviettes adolescentes revendant de l’herbe dans la cour des lycées pour « se faire un peu de thune » puisque personne ne leur apprend l’effort, et puisque que personne ne leur donnera 20 euros pour aider à décharger un camion de sacs de patates. Autres temps, autres mœurs.

Que l’on amnistie les écrivains à la bombe oubliant leur compissées sur les murs extérieurs des prisons, ou sur n’importe quel autre support pourvu qu’il soit à hauteur de lever de jambe. Que les profanateurs de monuments sans gloire soient déchargés de toute poursuite, peindre en bleu-blanc-rouge la façade d’une mosquée n’est pas un crime, tout au plus une légère dégradation de bien privé.

Je demande ceci, et bien plus encore tant la nomenclature des délits classés est longue dans ce pays à prétention démocratique, pays des droits de l’homme pourvu qu’il n’en revendique pas l’exercice, parce que le Président Hollande lui-même a intronisé dans les hautes fonctions de Secrétaire Général du Parti Socialiste dont il est l’un de encartés, un repris de justice dont les exactions outrepassent très largement celles que je viens de dérouler sous vos yeux.

Qui, parmi nous, pourrait se permettre de payer des salariés inexistant dans son entreprise, ou encore se rendre coupable de recel d’abus de bien sociaux, c’est à dire complice de vol ? A qui fera-t-on croire que l’auteur des abus ne savait pas ce qu’il faisait, puisqu’il avait besoin d’un receleur pour masquer ses combines? Le Secrétaire général a été condamné à 18 mois de prison avec sursis pour cela. Qui aurait bénéficié d’une telle mansuétude, s’il n’eut été dans les petits papiers d’un cador de la politique ?

Qui d’autre pourrait se rendre coupable d’une dette de douze milles euros rien que pour des contraventions pour défaut de paiement du stationnement, sans que des poursuites soient engagées bien avant d’atteindre un tel montant ?

Quand on donne un tel exemple à la jeunesse hésitante de notre pays, c’est que l’on souhaite volontairement en faire un tableau déplorable. Cela relève de l’insulte envers le peuple, du mépris le plus grand et le plus arrogant envers la bienséance, l’éthique dirait-on en ces temps d’usage de termes ampoulés.

Nous avions, depuis les années Mitterrand, que le « socialisme » à la Française n’est en réalité qu’une féodalité déguisée, mais abjecte, encore plus que ce que l’on sait de l’époque de la féodalité reconnue.

Monsieur le Président, vous avez visiblement commis une erreur en prétendant, pour vous faire élire, n’accepter que des gens « propres » autour de vous. Le fait d’exercer le métier de politicien, de façon plus ou moins hasardeuse, ne vous donne pas le droit absolu de faire n’importe quoi.

Dans un souci d’équité, vous voudrez bien accéder à ma requête et prier votre Ministre de la Justice d’effacer les griefs retenus contre des milliers de gens simples qui n’ont pas l’heur d’être ami avec quelque personne influente, susceptible de leur procurer protection et passe-droits.

La Justice en sortira grandie. »

Ben dis-donc, le gars ne le lui envoie pas dire !

 

 

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