Pas de printemps libéral pour l’intoxiqué Dupont

Le soleil est de retour au point vernal, c’est le printemps. Pour les astronomes et le calendrier. Car si l’astre a timidement pointé son nez chez nous au lever du jour, bien vite les nuées l’ont caché, tandis que sifflait un vent aigre venu des océans. Mais nous sommes pour longtemps encore dans l’hiver socialiste. Notre pays tremble de froid dans la glaciation idéologique et les timides feux que la raison peut allumer ici et là sont bien vite éteints.

Je rêvais d’un Printemps de France, où les citoyens, enfin réveillés de leur torpeur, auraient pris leur courage d’une main, un solide bâton de l’autre, et auraient chassé la bande de coquecigrues qui accapare leur autonomie et leur pouvoir. Las ! À peine si quelques uns foncent sur le chiffon rouge agité par les idéocastres, celui de l’adoption perverse. Bien sûr, les citoyens témoignent dans les sondages d’un dégoût profond envers les alcidés qui tyrannisent le pays. Bien sûr, çà et là des syndicalistes brûlent des pneus et cassent l’appareil productif. Mais j’ai bien conscience que tout cela ne résume qu’une aspiration au status quo ante : la perduration d’un État-Léviathan, extorqueur, redistributeur, directeur de pensée.

Ce pays vit depuis des siècles sous l’autocratie de personnages qui font mine de garantir un « bonheur » clés en mains, où toute responsabilité est de force déléguée à des castes politiques. Je fais remonter cette peste politique à Philippe IV dit « Le Bel », d’autres au colbertisme du XVIIe siècle, d’autres à la Terreur. La lecture assidue de Tocqueville et de Bastiat montre en tous cas que c’est dans les âneries paranoïaques d’un Rousseau – entre autres – puis dans les errances intellectuelles des socialistes dits « utopiques » de l’acabit de Fourrier, dans le marxisme, bien évidemment, dont l’idéologie délétère a contaminé à l’échelle mondiale même la pensée dite « de droite », que l’on peut trouver l’origine du mal.

En somme, dès l’enfance, les Français ne connaissent pas autre chose que ce monstre étatique, de telle manière que majoritairement ils sont conditionnés à l’obéissance passive, à l’irresponsabilité aussi. Le monstrueux système en a fait des sous-hommes. Aussi est-il vain d’espérer un sursaut de conscience, une insurrection libératrice : les gredins peuvent dormir tranquilles.

En parlant de contamination idéologique, je devrais dire « intoxication ». Il existe, bien sûr, des « libéraux ». Certes, mais de quelle espèce ? La tentative d’extorsion perpétrée par l’Eurogroupe à l’encontre des déposants des banques chypriotes aurait dû chez ces gens-là provoquer une formidable levée de boucliers, ils auraient dû hurler à l’attentat au droit de propriété. Or qu’ai-je relevé dans les réactions ? « Qui sont les vrais gangsters ? Pour moi ce sont les chypriotes qui pleurent pour un plan de sauvetage de 10 milliards quand ils accueillent plusieurs centaines de milliards d’argent sale dans leur banques. Argents des mafias, des oligarques russes, des grecs qui échappent à l’impôt, etc. » Voilà comment on dédouane l’Eurogroupe. Eh bien ! Je dis aux faux libéraux que leur Europe n’est PAS une entité libérale. Ce cas du hold up chypriote en est la preuve. Mais enfin ! Ne voit-on pas les États, obéissant à l’entité européenne, légiférer à leur guise pour sauver l’argent du Diable, ce désastreux euro ? N’est-ce pas au nom de cette politique que l’on s’apprête à récidiver le coup de Chypre en violation du droit de propriété ? Un certain Christophe Barbier n’a-t-il pas déclaré dans l’émission « C dans l’air » : « Oui les séniors vont devoir payer car ils ont le patrimoine, on leur dira que c’est pour le futur de leur petits enfants. » N’est-ce pas l’entité bureaucratique de Bruxelles qui édicte des milliers de directives iniques, stupides et contradictoires, qui viennent se surajouter aux mesures anthroponomiques des États, et sans que les peuples puissent protester ? N’est-ce pas cette Europe qui a donné de l’argent public aux banques pour renflouer les dettes ? La politique des « libéraux » européens n’a rien à envier à celle des socio-démocrates et des marxistes. Toute intervention d’un État dans l’économie est très précisément un acte anti-libéral, qui loin de régler les problèmes ne fait que les aggraver. Ne l’oublions pas : il est chez nous des monopoles privés, mais sachons aussi que ces monopoles ne peuvent exister qu’avec la complicité active des États qui les nourrissent d’argent public.

Cette situation est immorale, car inique, mais nos pseudo-libéraux font mine de ne pas s’en rendre compte. J’ai avec plaisir découvert récemment le site des authentiques libéraux. Plaisir, car enfin j’ai vu que nous n’étions pas les seuls à démasquer à la fois le socialisme tyrannique et les faux libéraux. Plaisir aussi de découvrir chez eux une affiche qui résume mon propos :

Pour finir, afin que chacun comprenne où je veux en venir, je vous cite Frédéric Bastiat, un extrait du tome IV de ses œuvres : « Jetez les yeux sur le globe. Quels sont les peuples les plus heureux, les plus moraux, les plus paisibles? Ceux où la Loi intervient le moins dans l’activité privée; où le gouvernement se fait le moins sentir; où l’individualité a le plus de ressort et l’opinion publique le plus d’influence; où les rouages administratifs sont les moins nombreux et les moins compliqués; les impôts les moins lourds et les moins inégaux; les mécontentements populaires les moins excités et les moins justifiables; où la responsabilité des individus et des classes est la plus agissante, et où, par suite, si les mœurs ne sont pas parfaites, elles tendent invinciblement à se rectifier; où les transactions, les conventions, les associations sont le moins entravées; où le travail, les capitaux, la population, subissent les moindres déplacements artificiels; où l’humanité obéit le plus à sa propre pente; (…) ; ceux, en un mot, qui approchent le plus de cette solution: dans les limites du droit, tout par la libre et perfectible spontanéité de l’homme; rien par la Loi ou la force que la Justice universelle.

Il faut le dire: il y a trop de grands hommes dans le monde; il y a trop de législateurs, organisateurs, instituteurs de sociétés, conducteurs de peuples, pères des nations, etc. Trop de gens se placent au-dessus de l’humanité pour la régenter, trop de gens font métier de s’occuper d’elle. » Voilà qui résume ma pensée.

Hélas, pour en arriver à une telle prise de conscience, il faudra encore bien des malheurs, bien des misères, bien des luttes intestines, et peut-être, malheureusement, la fin de cette société envoûtée par les malfaiteurs déguisés en sauveurs et bons pasteurs. Nous sommes des hommes, pas des moutons !

Sacha.

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