Un scénario pas idiot.

MG42bisL’Armée suisse est une armée de citoyens. Comme dans toute armée qui se respecte, l’Etat-major se doit d’imaginer des scénarii de guerre, en explorant toutes les éventualités. Or le dernier exercice « Duplex-Barbara » rassemblait de l’infanterie et des blindées sur la frontière franco-suisse du Jura. Thème de l’exercice :

«Suite à une longue crise économique, politique et sociétale, l’architecture politique et sécuritaire européenne s’effondre. Une majeure partie du continent fait face à une grande dépression, qui se caractérise par une montée des tensions internes et de la violence.» Alors la France est démembrée, et apparaît sur la frontière Est une entité, la Saônia (actuel Jura français), bien équipée militairement et disposant d’une paramilitaire « Brigade Libre de Dijon » bien décidée à « venir chercher l’argent que la Suisse a volé». Les brigades blindées suisses doivent repousser l’invasion.

Le ton du journaleux, franchouillard en diable, ne fait pas de doute : ici, on prend ce thème comme parfaitement farfelu, et se gausse de « l’incroyable scénario écrit par l’État-major helvète. Certains commentateurs estiment que ce n’est pas si idiot qu’on veut bien le dire, alors que d’autres, socialistes ou bonapartistes aveugles, se moquent carrément de l’armée suisse : « l’armée suisse ? Ah ! Laissez-moi rigoler ! » écrit un imbécile.

Sauf que l’armée suisse est tout sauf une rigolade. Les soldats-citoyens (en Grèce on disait : « hoplites ») aiment leur pays et sont disposés pour le défendre. L’armée est bien équipée, entraînée. En ce moment, il existe une polémique – menée, on s’en doute, par les socialistes (il y en a aussi chez eux) et les verdâtres à propos de l’achat de 22 avions modernes multi missions « Gripen » suédois. Que le choix, au passage, du « Gripen » au détriment du « Rafale » français n’ait pas été uniquement basé sur des critères techniques, mais ait été influencé par l’attitude haineuse de nos propres socialistes à l’encontre de la Suisse, n’est pas une hypothèse en l’air. Peu importe : les Helvètes prennent soin de leur pays, et l’État minimum qu’ils admettent joue à plein son rôle régalien de défense.

Les imbéciles qui se moquent de l’armée suisse feraient bien de regarder la nôtre, en voie accélérée de clochardisation depuis qu’une bande de traîtres a choisi de profiter des « dividendes de la paix » (c’est leur justification officielle) pour détruire l’appareil militaire. Comble d’ironie, le même Figaro publie ce jour un cliché de l’état de nos armées après la réforme de 2008 (réforme qui plaît si bien aux socialistes qu’ils se gardent bien d’y toucher !). On nous annonce par exemple qu’à Cherbourg « il y a un vrai problème avec les extincteurs, il est difficile d’identifier les responsabilités en matière d’achat et d’entretien… Dans d’autres bases, il n’y a pas de chauffage, et les militaires sont obligés d’acheter eux-mêmes leur papier toilette. Si ça continue, les militaires n’auront bientôt plus rien

On se croirait en pleine débâcle de 1940, lorsqu’il n’y avait plus rien pour équiper de nouvelles classes mobilisées : « À la base de défense de Strasbourg-Haguenau, un lieutenant colonel a rédigé une note où il explique que «la distribution en casques lourds modèle F1 devient problématique en raison du non-approvisionnement (défaut de marché) de ce type de matériel.» Il est aussi précisé «qu’à court terme, les magasins HCCA ne seront plus en mesure d’équiper le personnel nouvellement incorporé.»  Nous en sommes là, et ce n’est vraiment pas la peine ni de plastronner d’avoir renvoyé quelques fellaghas dans les sables maliens, ni de se moquer des Suisses. Car chez nous, l’État glouton n’assure plus ses rôles régaliens de défense nationale ni de sécurité intérieure. Pourtant, Dieu sait si l’on nous pille !

D’autant moins peut-on plastronner que  le scénario imaginé par l’État-major helvète n’a rien de délirant. Il est notoire que des racailles venues de France attaquent certains établissements bancaires suisses. Mais surtout, dans l’état de déliquescence où se trouve le pays, et dont sont responsables autant la droite que la gauche d’appareils, une libanisation du pays n’est jamais à exclure. Il n’est pas impossible que notre propre État-major ait envisagé cette hypothèse, mais il semble qu’on lui interdise d’entraîner les troupes dans ce sens, au cas où…

La Hollandie est le pays de l’incurie et de l’incompétence : ne nous étonnons donc pas que nos voisins s’en inquiètent. L’incapacité de nos « dirigeants » n’est pas le fait du seul hasard. Le régime fonctionne comme une sélection à rebours. Pour devenir chef de gouvernement, il faut être chef de parti, et pour être chef de parti, il faut déployer des qualités précisément inverses de celles qu’il faut pour gouverner une grande nation. Le petit cheffaillon  de la rue de Solférino nous conduit à Waterloo.

 On dirait bien que, infiniment plus soucieux de la survie de leur maudit parti que de la santé économique de la France, les socialistes cherchent à se constituer un trésor de guerre, en prévision d’une série d’énormes défaites électorales. Ils veulent mettre 15 millions d’euros de côté pour leur seul profit, afin de pouvoir encore nuire. Ils disposent de 60 millions dont seulement 15% viennent des cotisations des affidés. Donc l’argent vient des « salaires » de leurs élus locaux (10%), de la générosité forcée des citoyens et, très certainement, de la prévarication. Il en va probablement de même à l’UMP dont les finances ont subi les conséquences des invasions gauchistes dans les collectivités locales, sous Sarkozy.

Avec une caste politique aussi corrompue, incapable, frappée d’impéritie, comment voulez-vous que le scénario d’un éclatement du pays à la suite d’une catastrophe très prévisible ne soit qu’une vue de l’esprit helvète ?

Sacha.

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