Première leçon sur le fascisme

Grand Timonnier (small)La malfaisance du pouvoir socialiste s’étale de jour en jour : à chaque semaine une nouvelle spoliation, de nouveaux cadres « légaux » s’en prenant à l’autonomie et à la personne des citoyens. Pour ne prendre que trois exemples récents – et en laissant de côté l’ahurissante affaire de la gamine Léonarda qui menace de revenir « faire la loi » en France – nous trouvons :

- Une « mesure » étatique prise par un ministre femelle contre le « crowdfunding ». Pour ceux qui ne connaissent pas, il s’agit, dans ce financement privé collectif, de lancer une petite entreprise par libre participation de citoyens désireux d’apporter une part de capital. Un reliquat de système « libre », c’est-à-dire de libéralisme, dans un broyat étatique. Cela n’a pas plu : tout ce qui échappe à l’État ne doit tout simplement pas exister, aussi enferme-t-on le crowdfunding dans un carcan réglementaire qui le condamne d’avance. Tout comme est condamné tout système d’échange de services entre particuliers : cela échappe à la prédation de la Sécurité sociale et de la TVA. Cela montre à quel point l’État est assoiffé d’argent, pour continuer sa politique keynésienne de dépense publique et de redistribution de prébendes.

- Un véritable hold-up contre l’épargne à long terme, en fixant à 15% la prédation d’État sur le montant des plus-values réalisées, et, s’il vous plaît, – en complète contradiction avec le Droit français – avec mesure rétroactive jusqu’en 1996. On se saurait mieux montrer combien ce régime s’attaque à la propriété ; en pleine contradiction avec lui-même, l’État s’en prend à une source de financement de son propre investissement. Pire : il a ruiné la confiance des épargnants. Que certains socialistes, effrayés des conséquences politiques d’un tel méfait, demandent, à l’approche d’élections qui risquent fort d’être extrêmement défavorables à leur Parti Spoliateur, au gouvernement de revoir sa copie, n’a rien d’étonnant. En fait, ce n’est pas un scrupule de conscience qui les émeut, simplement la crainte de la réaction populaire. Car pour eux, rien n’est trop beau pour l’État et les citoyens n’on pas droit au bénéfice.

- L’application inique de « l’écotaxe ». Rappelons que c’est un machin inventé sous Sarkozy, avec la complicité active du ministre Borloo, pour faire plaisir aux écologistes lors de la négociation de Grenelle en 2008. En l’occurrence, le pouvoir – alors théoriquement « de droite » et déclaré par ses ennemis « ultralibéral » avait cédé aux sirènes des groupuscules écologistes. Cependant, devant l’ampleur de la crise économique, l’administration Sarkozy avait sagement conclu qu’il valait mieux tenir cette taxe inique sous le coude, sachant les méfaits économiques qu’elle allait engendrer. La sagesse n’étant pas la vertu de Hollande et de ses séides, et les écologistes (2% du corps électoral, en voix !) ayant des ministres au gouvernement, ils dictent leur loi. On a donc ressorti cette « écotaxe », basée sur l’énorme mensonge d’une prétendue origine anthropique du réchauffement climatique cyclique et les portiques sycophantes fleurissent sur les routes nationales et les autoroutes gratuites. Au détriment des usagers des transports et, in fine, des consommateurs qui verront augmenter le prix des denrées.

La Bretagne donne l’exemple, en jetant à bas ces gibets économiques. De récents affrontements avec les forces du désordre montrent que l’affaire peut prendre une tournure insurrectionnelle. En fait, le gouvernement de paraphrènes qui nous spolie entend tenir bon : il ne faut pas mécontenter les idéologues verdâtres, et surtout ne pas priver l’État d’une autre source de financement, isn’t it ? Il est très souhaitable que la contestation gagne les autres provinces. Elle ne peut qu’être violente, car les socialistes sont enfermés dans leur système menant à la ruine : il n’y a plus d’autre moyen que la violence insurrectionnelle, puisque la gouvernance, comme à l’occasion du vote de la loi perverse de Taubira (mariage « pour tous »), refuse de tenir compte de la colère populaire.

La résistance musclée est donc plus que jamais à l’ordre du jour. Il n’est plus possible de croire encore à la fiction du vote, car tout le système est organisé de telle sorte qu’il n’y a ainsi que le choix entre l’étatisme, l’étatisme et l’étatisme, qu’il soit mis en œuvre par les socialistes, l’UMP ou le FN. Le citoyen est sommé de tomber de Charybde en Scylla, sans espoir de sortir légalement du cercle vicieux. Aussi seule une révolution libérale pourrait-elle nous délivrer de ces maux ; cependant il est à craindre que, l’horizon d’une trop énorme masse de citoyens n’étant depuis l’enfance que celui de l’État-nounou et gabelou, l’on cherche à replâtrer un État selon le statu quo antes, c’est-à-dire sans se débarrasser des principes pervers qui ont provoqué la situation inextricable dans laquelle nous essayons de survivre.

C’est qu’il est difficile de se libérer du fascisme. Non, je n’exagère pas : du fascisme. Pour mieux me faire comprendre, je vais donner ici la première leçon sur le fascisme.

Première leçon sur le fascisme

On aurait tort de croire que le fascisme se réduit aux nazis, fasci di combattimiento italiens, caudillos divers et variés. Son principe inclut tout aussi bien le communisme sous toutes ses formes, que le socialisme « bourgeois » (sociale-démocratie), que le dirigisme à la mode de Keynes-Roosevelt. De fait, il y a fascisme dès que l’on accepte cette idée fausse que « la société reçoit l’impulsion du pouvoir ».

Idée fausse, car le fondement du pouvoir, c’est la Personne, cet opérateur formel qui non seulement nous sépare par l’altérité, mais également nous permet d’entrer dans la négociation avec l’autre et de se mettre d’accord avec lui sur un compromis, véritable modus vivendi, et donc d’élaborer au moins provisoirement un contrat. La Personne nous donne ce pouvoir d’œuvrer pour autrui, d’exercer contractuellement une responsabilité reçue en délégation – donc temporairement et avec obligation de rendre ce pouvoir. Il n’est pas d’autre principe de la délégation politique du pouvoir que celui-ci : on délègue sans pour autant abdiquer de son autonomie et de sa responsabilité. Ce qui veut dire : être citoyen, c’est être autonome et responsable.

Il est un autre aspect de la Personne : elle est compo sui, maître de soi et de ses biens (quique suum). C’est dire que toute spoliation de biens est une atteinte à la Personne. Au total, s’il est deux termes qui définissent au mieux le citoyen, ce sont : Autonomie et Propriété. Théoriquement inaliénables, il s’en faut que ces deux composantes soient systématiquement respectées politiquement : l’Histoire est remplie de périodes et de systèmes d’assujettissement, lorsque le citoyen est réduit au sujet par le système politique. C’est là l’inégalité et la sujétion, qui font que le pouvoir (et singulièrement le pouvoir législatif) est confisqué par quelques uns au détriment des autres. On comprendra alors que l’inégalité n’est pas de l’ordre économique de la richesse – on a tôt fait, cependant, de considérer ainsi les choses, parce que c’est ce qui semble évident à l’observation, mais c’est un leurre – mais très exactement l’inégalité politique qui s’établit entre un législateur accaparant le pouvoir et le reste du corps politique.

Cette idée du « génie » législateur est une constante dans la culture française -et occidentale. On a parlé de Solon, Lycurgue,  et de nos jours n’importe quel ministricule s’efforce de donner son nom à une loi, le plus souvent nuisible : la loi Taubira, par exemple. C’est par une sérieuse distorsion de la raison que l’on a fini par croire qu’il y avait des êtres « supérieurs », au-dessus de l’humaine condition, propres à éclairer les peuples trop stupides et ignorants pour se diriger eux-mêmes. Du moins ces gens-là se posent-ils comme tel. Écoutez Rousseau : « Celui qui ose entreprendre d’instituer un peuple doit se sentir en état de changer, pour ainsi dire, la nature humaine, de transformer chaque individu qui, par lui-même, est un tout parfait et solitaire, en partie d’un plus grand tout, dont cet individu reçoive, en tout ou en partie, sa vie et son être; d’altérer la constitution de l’homme pour la renforcer, de substituer une existence partielle et morale à l’existence physique et indépendante que nous avons tous reçue de la nature. Il faut, en un mot, qu’il ôte à l’homme ses propres forces pour lui en donner qui lui soient étrangères… ».

« Pauvre nature humaine, que feraient de ta dignité les adeptes de Rousseau ? », commente ironiquement Bastiat. On connaît la réponse : « Le principe du gouvernement républicain, c’est la vertu, et son moyen, pendant qu’il s’établit, la terreur. Nous voulons substituer, dans notre pays, la morale à l’égoïsme, la probité à l’honneur, les principes aux usages, les devoirs aux bienséances, l’empire de la raison à la tyrannie de la mode, le mépris du vice au mépris du malheur, la fierté à l’insolence, la grandeur d’âme à la vanité, l’amour de la gloire à l’amour de l’argent, les bonnes gens à la bonne compagnie, le mérite à l’intrigue, le génie au bel esprit, la vérité à l’éclat, le charme du bonheur aux ennuis de la volupté, la grandeur de l’homme à la petitesse des grands, un peuple magnanime, puissant, heureux, à un peuple aimable, frivole, misérable; c’est-à-dire toutes les vertus et tous les miracles de la République à tous les vices et à tous les ridicules de la monarchie. » Signé : Robespierre. Le bonheur des peuples malgré eux, au prix de l’holocauste.

On veut donc « changer l’Homme » et le modeler à l’image du Législateur « de génie », au besoin en recourant au massacre, comme l’ont fait les communistes et les nazis. C’est de cette farce, de cette méprise tragique que naît le fascisme. Le fascisme, c’est exactement, par des voies historiquement diverses, la négation de l’Autonomie et de la Propriété. Pour y parvenir, le Législateur « génial » a besoin d’un puissant appareil bureaucratique, l’État. Écoutons Mussolini : « Le principe essentiel de la doctrine fasciste est la conception de l’État, de son essence, ses fonctions et ses objectifs. Pour le fascisme, l’État est l’absolu devant lequel les individus et les groupes ne sont que le relatif. »

Le lecteur n’aura, sans doute, pas de peine à faire la liaison objective avec ce que nous vivons en ce moment, et depuis, disons, la mort du Président Pompidou. Je me suis contenté ici, afin de ne pas alourdir cet article, d’énoncer les fondements du fascisme, ancien comme contemporain. J’approfondirai l’analyse par la suite.

Sacha.

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