Tempête dans un verre d’eau

Européennes 2014FN à 25% des exprimés. Et alors ? Ce n’est pas la peine de couiner au séisme politique. Rapporté à l’ensemble du corps électoral, ça ne fait jamais que 10,87%, comme l’Ump fait 8,83% et les socios 6,39%. Bien sûr, les socialistes ont eu la fessée qu’ils méritent, sauf dans une région limousine particulièrement débile, mais après ? Que peut-il se passer ? Marine Le Pen aura beau demander la dissolution de l’assemblée, rien dans la Constitution n’oblige le squatter élyséen à dissoudre, et encore moins à démissionner – ce qui serait pourtant rendre service à la France. Et quand bien même une dissolution paraîtrait de bonne tactique pour être présent au second tour en 2017, il n’est pas évident pour autant qu’une majorité lepénienne et relative au parlement serait de nature à remédier à la déconfiture.

Car le programme économique des frontistes n’est pas loin de celui des pires gauchistes genre Méchancon : étatisme, protectionnisme, redistribution renforcée, donc nécessairement encore des impôts et des impôts, alors que ce sont des mesures malfaisantes, nuisibles à l’économie. J’aurais tendance à penser que cette micro-victoire des lepéniens restera sans lendemain pour la santé de la France. En vérité, les socialistes feront mine de lâcher du lest tout en poursuivant la même politique ; ils l’ont déjà annoncé : pas question de changer de cap. Ben oui, quand on vise un mur, faut y aller tout droit ! Et pas question de renoncer aux « réformes » sociétââââles si bien conduites par Bitaura, Hammon, Belkacem et toute la clique.

Alors, tout cela n’est qu’une tempête dans un verre d’eau, juste de quoi donner aux fascistes antifas  et aux bobos l’occasion de fabuler, de se donner de délicieux frissons de fausse terreur, de s’ériger, ces pleutres, en « résistants ». La correction politique et la hargne des merdias vont s’en donner à cœur joie. J’irai même jusqu’à penser que, dans ces circonstances, les socialiste deviendront encore plus dangereux et nuisibles qu’ils ne l’ont été jusqu’ici. Ils vont renforcer la surveillance des opposants, faire jouer à fond la police politique et la magistrature rouge, vous verrez !

Moins d’abstentions, mais tout de même 56,5%. D’accord, plus on est loin d’un pouvoir, moins on vote ; mais il faut aussi compter sur le dégoût que suscite la caste politique chez les citoyens. Il est vrai qu’on nous propose du sur-réchauffé, des solutions – véritables problèmes – d’une autre époque, d’un autre monde pour des ennuis nés de nos propres fautes étatistes.

Où la petite victoire du FN peut avoir des conséquences, c’est au parlement européen. L’important, en effet, c’est de constituer des minorités de blocage afin de combattre les excès réglementaires,  la folie de l’élargissement d’une zone de 28 pays qui ne marche pas.Parlement européen D’empêcher l’entrée de la Turquie musulmane dans l’Europe. De bloquer le traité de marché atlantique qui ne profiterait qu’aux yankees. Ce ne serait déjà pas mal, car il ne faut pas espérer que soient dénoncés les traités de Maëstricht, Schengen, Lisbonne qui ont entraîné tant de fatales conséquences. Mais pour cela, il faudra négocier avec d’autres partis patriotiques européens. C’est un peu la quadrature du cercle. En tous cas, on ne peut pas aller plus loin : les ¾ des députés européens sont européâstres.

En Grande-Bretagne, l’UKIP de Nigel Farage a fait un bon score : 27,5% des exprimés. Les Anglais étant pragmatiques, on sait qu’ils n’aiment pas cette Europe dirigée par une eurocratie non représentative, et que l’idée de s’en retirer fait son chemin. Finalement, Cameron sera peut-être obligé d’organiser un référendum pour décider de rester ou de sortir de l’Europe. Libre à l’Angleterre de choisir sa voie.

Mais ne nous y trompons pas : si, telle qu’elle est, l’Europe est un foutoir tyrannique, il n’en est pas moins vrai qu’elle n’a pas que des défauts : libre-échange, libre-concurrence, recherche de budgets équilibrés, c’est ce qui tempère les excès d’un étatisme local qui, sans cela, apporterait partout le socialisme et la ruine. Donc l’Europe est à réformer, à réduire à six pays, et surtout ne jamais avoir l’idée d’une fédération ni de faire des lois à la place des peuples. À ces conditions, l’Europe serait acceptable pour les nations. On n’en prend pas le chemin.

Raymond

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