Masochisme

dominatriceBon : Marie-Ségolène semble avoir un petit peu de raison. Elle a compris qu’un mouvement des transporteurs routiers, en pleine déconfiture de la politique gouvernementale, aurait fait désordre. Si pas davantage. Donc elle enterre à nouveau l’injuste « escrotaxe » inventée, rappelons-le, sous le règne de Morfalou pour faire plaisir à une bande d’escrolos.

Maintenant, je suis carrément ahuri en lisant dans leFig’ les réactions des lecteurs : la plupart se disent scandalisés par l’enterrement d’une taxe idiote ! Faisons la part des choses, et essayons de coudre les pièces ensemble. Que la bande à Duflotte soit « scandalisée », on le comprend ; c’est leur idéologie, leur fonds de commerce, et ils entendent punir les gens d’exister, de manger, boire, se déplacer etc… Mais tout de même : dans le lectorat du Fig’ il n’y a pas que des ennemis du genre humain ! Eh bien ! Malgré cela, il y a des gens « scandalisés ».

Les arguments avancés sont de deux types. (1) Les dépenses ont été faites, on a construit les porcs-tiques, une grosse boîte est sur le coup pour gérer l’extorsion. Conclusion : si on arrête, on fiche de l’argent par les fenêtres. Ok, ok. MAIS : il ne fallait pas même imaginer cette taxe, un point c’est tout ! Morfalou a cédé à l’idéologie réchauffiste, cru aux imbécilités alarmistes du GIEC – dont on voit aujourd’hui un paquet de climatologues se détacher -, pensé qu’avec son Borloo-le-Clown il allait acheter les voix des escrolos (fallait-il être stupide pour croire ça !), et probablement magouillé avec un capitaliste déviant prêt à faire son beurre en organisant la taxation du vent. Or PERSONNE n’est descendu dans la rue pour s’y opposer ! Une taxe aussi absurde est passée presque comme une lettre à la poste, dans l’apathie bestiale. Alors si ça coûte pour démanteler le dispositif gabelou, tant pis : c’est bien fait pour le nez des Français avachis. On me dit que ça va encore faire des chômeurs, ça : je m’en fous, fallait pas commencer, et ce n’est pas une raison pour continuer, un point c’est tout !

(2) Les poids lourds vandalisent les chaussées et ça coûte cher de les entretenir. Ben oui. Disons que c’est plus constable à vue de nez que l’usure provoquée par des millions de voitures. MAIS : primo, ce n’est pas la peine de couiner contre les transports routiers, car ils sont bel et bien la conséquence d’une politique volontariste. On a laissé  pourrir les voies navigables, refusé (encore les escrolos) d’en créer de nouvelles pour protéger des populations rares de grenouilles je ne sais quoi (c’est un exemple). On a laissé la SNCF, entreprise publique, abandonner le ferri-transport des marchandises au profit du TGV, et réduit le réseau ferré non-TGV à l’état de ferrailles rouillées. Sans parler des grèves à répétition dans une entreprise vache sacrée, de quoi dégoûter les clients. Et comme il faut bien acheminer les marchandises, on a pris de gros camions. Et voilà qu’on crie haro sur les transporteurs routiers !

Secundo, c’est une question de gestion des deniers publics « en bon père de famille » (j’insiste, Lala Belkacem, pour conserver cette locution, ne vous en déplaise !). On se plaint que l’amélioration et l’entretien du réseau routier coûte cher (à cause des camions, bien entendu) ; mais c’est une infrastructure publique utile à la société, elle participe de l’économie commune. À côté de cela, tenez : l’ineffable Marisol, ministre de la maladie, confesse que la dépense de l’AME (Assistance Médicale d’État) a dépassé le milliard alors que le budget alloué n’était que (excusez du peu !) de 588 millions. 43% d’augmentation, je cite, « en raison de la forte poussée du nombre d’étrangers en situation irrégulière. » Autrement dit : l’argent manque là où il est utile, et file en douce là où il favorise la subversion du pays. On pourrait multiplier les exemples de prébendes, subventions, aides diverses qui, si elles étaient supprimées, nous donneraient en échange le plus beau réseau de transports du monde et une économie en bien meilleure forme. Alors : il ne faut pas se moquer du monde !

On pourrait encore opposer aux masochistes qui aimeraient payer une escrotaxe le fait que son prix serait automatiquement répercuté sur celui du transport, et donc sur celui des marchandises : au total, le citoyen serait encore floué. Une fois pour financer le réseau, une autre fois par la taxe, une troisième fois par le prix du panier de la ménagère. Les pièces sont cousues. Et pour une fois, pour une fois, je dis « Bravo Ségo ! » même s’il m’en coûte. Remarquez, je me doute bien que les socialistes ne vont pas renoncer à un pactole à gaspiller, et qu’ils vont bien tôt ou tard nous concocter une vilaine saloperie en remplacement, hein ! Je ne suis pas né de la dernière pluie.

Bien. Pour terminer, je tombe sur une autre ahurissante constatation. L’UMPiste Alain Million vient d’être désigné pour présider la Commission des Affaires Sociales du Sénat. Ce qui fait l’importance de l’affaire, c’est que non seulement ce sire-là n’a pas voté contre la loi perverse de Bitaura (« mariage » pour tous), puisqu’il était pour apparier les homosexuels, mais encore qu’il est pour la GPA. Voilà qui apporte une preuve de plus que l’UMP est bien l’UMPS, et ne changera pas malgré les gesticulations de Morfalou qui lui-même n’a pas changé ni ne changera d’un iota. Si d’aventure des citoyens se laissaient berner, ils seraient vraiment crétinissimes.

Raymond

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