Résister ! (Merci Laurent Obertone (3))

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Obertone décrit avec minutie ce produit infernal qu’est la double pensée. C’est un mode de pensée illogique, « une auto-persuasion (…) consubstantielle au progressisme. Et tant pis pour les migraines et les paralogismes » (p. 294). Par exemple : on assure que les races et les sexes n’existent pas et n’ont pas d’importance (principe du déni) et en même temps « on mesure et déplore des discriminations scandaleuses qu’il convient de discriminer ‘positivement ‘ » (p.296). Là, c’est la réalité qui s’impose, et l’on voudrait la tordre pour qu’elle disparaisse et faire triompher le mensonge du déni. Autre exemple : la religion est un « poison méprisable » mais il n’y a rien de plus louable que celle des « droits de l’homme »…et de plus protégée que l’islam, ajouterai-je. Ou encore : toutes les cultures se valent –et malheur à celui qui a dit tout haut le contraire- et n’ont jamais eu besoin de nous pour s’en sortir. En vertu de quoi « on impose notre progrès, nos droit, notre aide et nos mœurs au reste du monde. » Le progressisme est à la fois relativiste et ethnocentrique. La liste serait longue de tous ces délires : « tout est social » alors que l’on vilipende le déterminisme, « on abhorre la peine de mort et on adore l’euthanasie », la famille est une « infernale norme archaïque » mais on autorise les homos à en fonder etc… Quelques perles : l’insécurité n’existe pas, mais elle est la conséquence de la pauvreté ; les races n’existent pas, « je ne vois pas les couleurs de peau » néanmoins « mon meilleur ami est noir », ou, mieux, « je ne suis pas raciste, d’ailleurs je préfère les Noirs ».

Ces absurdités témoignent très évidemment d’une pathologie : Big Brother et ses séides sont déments. Nous le savions, Obertone nous le confirme. Cela pourrait symboliquement culminer avec « la diversité, c’est le métissage. Notre devise antinomique mériterait de figurer au panthéon des slogans d’Orwell. » L’ennui est que la ville, la rue, les voyous, les terroristes tuent : le principe de réalité, décidément, ne se laisse pas tordre le coup, alors on récupère, nous l’avons bien vu du 7 au 11 janvier 2015, et ce n’est pas fini. « Pour malgré tout voir la vie en rose, nous devons nous retirer dans notre palais mental. Une sorte de double-pensée tantrique sous ecstasy » (p.305). Il n’y a pas de djihad, il y a du « terrorisme » ; ah si, il y a du djihad ? Oui, mais ça n’a rien à voir avec l’islam. Et puis si ces terroristes sont musulmans, c’est de votre faute, à vous qui prônez la haine de l’islam et des immigrés. La boucle de la pensée paraphrène est bouclée. De fait, « pour survivre, la gauche a besoin de l’oppression, du racisme, de la pauvreté, de la lutte des classes, du sexisme. Elle doit les perpétuer » (p 307).

Il faut que quelqu’un explique à M. Moyen les vices et fourberies du système. Un certain K. Godel, membre du système mais écœuré, révèle les ressorts de cet asservissement. « La situation est à-peu-près désespérée », écrit-il, « ce que veut le Parti, c’est une société d’infirmes, de malades, d’exaltés, d’inaptes et de débiles. Parce que tous ces gens sont dépendants. (…) Le Parti doit combattre l’autonomie, l’intelligence, la santé et la sobriété » (page 310). Pour cela, les tyrans ont laissé libre cours à l’hédonisme des gens. J’oppose, moi, l’hédonisme, enchaînement infantile de pulsions, impuissance à se satisfaire, à l’épicurisme, désir strictement connu et régulé. L’hédonisme n’est même pas une pulsion animale visant à satisfaire un besoin, il prend envie de tout et s’invente même des envies. Par-dessus tout, l’hédoniste déteste le risque et la responsabilité. Qu’un État aux mains d’illuminés le garantisse contre ce qui constitue pour lui des « fléaux », le voilà abdiquant de son autonomie, de sa dignité de citoyen : il est assujetti, cotisant, allocataire, contribuable. En échange de sa protection, Big Brother exige la pureté de doctrine et l’obéissance. L’hédonisme ne fait que des esclaves dont les pulsions infantiles deviennent des « droits à… » tout ce que l’on peut imaginer. « tout ce que sait faire Big Brother, c’est satisfaire vos besoins, en s’efforçant d’en supprimer les désagréments les plus visibles » (page 311). Á vrai dire, ce ne sont pas des besoins, ce sont des appétits, de la gloutonnerie.

Cela ne peut qu’amener une dégradation totale, y compris biologique lorsque des tares physiques sont laissées libres de reproduction par le biais de la médecine. « Nous allons finir par tous dépendre de la médecine et du système social du Parti, et le Parti, en bon Dr Knock, s’en réjouit » (p 315). Les mœurs se dégradent au point que les gens font sous eux : « la grossièreté est l’apanage de l’animal domestique. (…) Si le civilisé dissimule ou ritualise toute manifestation « organique », ce n’est pas le cas des gorets des villes, qui bousculent, hurlent, crachent, urinent, expectorent ou défèquent dans la rue » (page 320). C’est à la fois la tiers-mondisation et la faillite, « c’est le destin universel du socialisme. Et pour cause, il n’est maintenu au pouvoir que par deux sortes d’électeurs. Le bobo par intérêt moral, et l’inapte par intérêt matériel » (page 321). Et ceux qui ne marchent pas dans ce projet paraphrène, on les isole pour mieux les détruire : « briser notre immunité individuelle » est une opération systématique, à l’aide d’un « bombardement continu et insensé qu’aucun cerveau ne peut supporter », un état de harcèlement permanent dont les effets sont décrits par les psychologues sans toujours en déceler les causes : « sous la pression extérieure, c’est l’âme qui s’effondre » (page 327).

Cependant, je suis de ceux qui ont pris des mesures prophylactiques contre ce bombardement. Exercice assez facile lorsque l’on a accepté d’être hors de la société hédoniste, d’être irrécupérablement « marginal ». De renoncer à l’État, à ses pompes sociales (sécu, prébendes) et à ses œuvres. De bannir la télévision, la radio, bref : les « bulletins » du Propaganda Staffel et les pseudo « experts » qui vous disent ce qu’il faut penser. Là, Big-Brother ne comprend plus, vous êtes suspect, il vous envoie systématiquement ses chiens de la redevance audiovisuelle. Quoi ! Un quidam qui ne regarde pas la télé ? Qui renvoie sur les roses le service de propagande ? Qui ne marche pas comme les autres dans les manifestations en braillant qu’il est Charlie ? Qui pense que les races existent et que l’islam est une menace pour notre civilisation ? Qui pense que la nature a distribué les rôles entre mâles et femelles ? Qui tient le ministère de la santé pour un gadget pervers ? Et ainsi de suite. Il suffit de tenir bon et de dire « merde », voire être prêt au pugilat, lequel crée un horrible désordre dont on profite pour vous taxer de « forcené ». Je m’en moque ! « Le pluriel ne vaut rien à l’homme », disait mon cher Brassens. De toute façon, il ne peut que se créer une contre-société d’hommes responsables, face à ce néant hédoniste. Et Big Brother essaiera encore et toujours de la détruire. En vain.

Nous ne voulons pas, nous nationaux-libéraux, d’une « société de fiottes ». Certes, nous sommes des fous qui « traversent la société et sa dictature morale comme des météores, sans essayer le moins du monde de s’y intégrer, avant de finir par se désintégrer en plein vol » (p 341), oui, nous sommes des « mutants sociaux, des erreurs de copie, des ruptures de code » qui nous en prenons frontalement au système. Certes, « près des deux-tiers des français souhaitent une révolte. Mais ils se laissent mourir. Ou pire. Ils accélèrent le mouvement ». Pas nous. Nous suivons l’appel de Godel : « Allez-vous réagir enfin ? »  Nous savons que « jamais l’humanité n’a pu de commettre autant de dégâts au nom du bien » (page 344). Et de ce « bien » mortifère, nous n’en voulons pas ! Big Brother a raison, au dernier chapitre, de dire aux soumis : « Si Big Brother est un monstre, tu es ce monstre. Oh je ne suis pas virtuel, non. Je ne suis pas une fable, ni une allégorie, ni une parabole. Je suis ce que tu as désiré. Le problème, c’est toi. Et toi seul » (page 356). Les citoyens assujettis, sont responsables, les seuls responsables, de leur assujettissement.

Un lecteur un tant soit peu conscient de l’ouvrage de Laurent Obertone a le choix entre continuer à se soumettre – c’est ce qu’ont fait plus d’un million de lâches imbéciles à l’appel de Hollande le 11 janvier -, se suicider purement et simplement – mais cela plairait à Big Brother-, commettre des actes sans lendemain à la manière d’Anders Breivik (mais lui voulait gonfler un « moi » illusoire), prendre le chemin de l’exil – ce qui plairait encore à Big Brother, ou entrer en dissidence résistante.

Alors ? Quel camp choisir ? Il n’y a aucun doute pour moi : « cesse d’être foule et sois un homme ». C’est cela, la dissidence résistante. Le seul moyen de détruire l’Enfer créé par l’hédonisme stupide.

Sacha

Post Scriptum : Dans l’ambiance délétère de maintenant, je doute que, contrairement à La France Orange Mécanique, cet ouvrage remarquable, La France Big Brother, connaisse la diffusion qu’il mérite. Je souhaite qu’on le lise et qu’on le fasse connaître, car c’est, sous des dehors un peu romanesques, une véritable analyse anthropologique.

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