Le théâtre d’ombres

Diablesse et angelette« Tempora illa adeo infecta et adulatione sordida… » Je vous ai déjà largement dit et commenté la suite du jugement de Tacite sur l’époque de Tibère. Nous en sommes toujours là, les uns louant déveautement dévotement l’homme des monopoles, les autres croyant voir quelques signes positifs dans ses premiers actes ès qualités de tyran. Là est le plus grand paradoxe car ceux-là même qui savent à quoi s’en tenir à propos du personnage se laissent aussi facilement berner que les idiots béats d’admiration.

Ah, certes, il fut au Louvre, et il y eut avec lui notre emblème national au lieu de chiffons avec la Lune pour bannières ; mais on y joua le sot Hymne à la Joie européâstres. La pyramide de verre, du reste, fut un autre symbole, car si l’on n’a pu encore pénétrer l’épaisseur du mur de celle de Khéops, celle-ci semble transparente et fragile. Cette transparence, peut-être cache-t-elle une perversitatem absconditam 1, ou de noirs desseins. Trop de transparence opacifie.

Mais son premier voyage de nouveau tyran ne fut-il pas à Berlin pour rencontrer la chancelière démente, mais puissante, qui ouvrit les vannes à l’immigration furieuse ? Ah, certes, il reçut en Versailles celui qui incarne pour nombre d’entre nous la figure Russe de l’Homme d’État véritable, que les imbéciles détestent. Mais n’eut-il pas des propos ridicules en s’inquiétant du sort des messieurs-dames de Tchétchénie dont nous n’avons que faire ? N’aboya-t-il pas à l’unisson des démocrates d’Amérique à propos d’une mythique ingérence de deux journaux Russes dans la désastreuse campagne de France ? La duplicité du mondialiste transparaît sous le masque de l’apprenti-président. Si Versailles m’était conté… ou compté ?

Certains encore applaudissent à la nomination d’un homme réputé compétent au ministère de l’instruction publique. Certes, à l’examen des lamentables exploits de l’illettrée qui le précéda, et des autres qui ont précédé la donzelle, il y a quelque raison de satisfaction. Mais attendons la fin.

Je reste de marbre : on ne me la fait pas. Certainement plus intelligent que le ci-devant président, l’actuel a su tirer des leçons de la conduite stupide du précédent. Mais si la forme a changé, le fonds demeure. Européâstrie farouche, mondialisme apatride, immigrophilie, flatterie envers l’islam, dilection pour les pervers. L’illusionniste pour l’heure entend disposer d’un parlement à sa botte : il l’aura, d’autant plus facilement que le lamentable parti guidé par Barroin a choisi, une fois de plus, la trahison -ce « front républicain » qui nous livre pieds et poings liés à la loi de l’étranger. D’autant plus facilement aussi que les patriotes ne peuvent pas s’appuyer sur un Front incapable de jouer le rôle émancipateur que l’on espérait sans y croire et condamné à être éternellement ce que Tonton 2 voulut : un repoussoir idéal pour que perdurent les privilèges de la Caste.

Il reste la question de la légitimité. Cinquante-six électeurs sur cent ne lui ont pas donné leurs suffrages, pour des raisons diverses. Il est probable que davantage encore refuseront de jouer la partie de l’élection législative, sachant par expérience que les dés sont pipés. Le tyran et sa chambre d’enregistrement n’auront aucune légitimité. Ils en auront d’autant moins que ce régime, né d’un coup d’État énarco-élyséen, fut porté avec ardeur par les médias de propagande. Nous apprîmes ces jours derniers combien l’élyséen avait verrouillé ce qu’on appelle très improprement sa « communication » en choisissant qui d’entre les folliculaires seraient autorisés à figurer dans la coterie de ses médiagogues. Les laudes continueront, et des années durant nous verrons un théâtre d’ombres tandis que de l’autre côté de l’écran l’on concoctera d’abominables trahisons. Français ! Nous sommes dans la Caverne de Platon, mais en pire, car le théâtre d’ombres cache le Chaos.

Voudrait-on avoir quelque idée de ce théâtre d’ombres, il suffirait de constater comment un certain Francis Huster, bien dans la ligne macronique, essaie de nous vendre l’envahisseur. À Philippot, il affirme qu’« Il y a des gens qui sont peut-être, dans ces migrants qui viennent d’arriver, les futurs Montaigne ». Eurêka ! Je suppose que ledit Huster n’a pas lu les Essais, ou les a mal lus, ne retenant chez Michel Eyquem qu’un relativisme apparent dans l’approche des mœurs des peuplades de ce monde. Pour faire un Montaigne, il faudrait être vraiment Français, et respecter ce qui est dit dans l’essai XXXI « Des Cannibales » : « Car c’est la règle des règles, et générale loi des lois, que chacun observe celles du lieu où il est. » L’envahisseur en est infiniment loin, qui se comporte comme en pays conquis et impose ses mœurs détestables : « – Ou les futurs Coulibaly », a rétorqué Philippot pour une fois faisant preuve d’esprit.

Le régime qui s’installe se pare des plumes du paon et dupera son monde, du moins jusqu’à ce qu’advienne ce que prophétisait Louis-Ferdinand Céline : « pour que dans le cerveau d’un couillon, la pensée fasse un tour, il faut qu’il lui arrive beaucoup de choses et de bien cruelles. » Les bêtas adoreront la « nouveauté » des idées mondialistes, vérifiant cette remarque de Cioran : « pour punir une idée, les Dieux la condamnent à enthousiasmer les imbéciles ». Personnellement, à l’instar de Montaigne, « Je suis dégoûté de la nouvelleté, quelque visage qu’elle porte, et ai raison, car j’en ai vu des effets très dommageables. 3» Dommageables, ô combien, puisque le sage a connu les Guerres de Religion et toutes leurs séquelles ! Poursuivons : « Ceux qui donnent le branle à un état sont volontiers les premiers absorbés en sa ruine. Le fruit du trouble ne demeure guère à celui qui l’a ému ; il bat et brouille l’eau pour d’autres pêcheurs. »

 Je crains bien que le « branle » fut donné dans les années soixante du siècle dernier et qu’aujourd’hui il n’y a guère plus que d’acharnés imitateurs. « Mais si les inventeurs sont plus dommageables, les imitateurs sont plus vicieux, de se jeter en des exemples desquels ils ont senti et puni l’horreur et le mal. Et s’il y a quelque degré d’honneur, même au mal-faire, ceux-ci doivent aux autres la gloire de l’invention et le courage du premier effort.

Toutes sortes de nouvelle débauche puisent heureusement 4 en cette première et féconde source les images et patrons à troubler notre police 5. » Voilà de quoi donner à réfléchir au sieur Huster et au jeune tyran.

Que faire, donc ? Douter, s’opposer, lutter. Je me demandais s’il valait la peine de se déplacer pour participer au spiel législatif, puisque tout est verrouillé. Eh bien ! Ne voulant pas être complice, j’irai donner un bulletin au premier candidat patriote qui se présentera dans ma circonscription rurale. Cela ne servira à rien d’autre qu’à soulager ma conscience, ce sera toujours ça. En attendant non point Godot, mais Demos.

Sacha

Notes :

1-  Une perversion cachée. Extravagance, absurdité ou corruption des mœurs, dérèglement, dépravation.

2-     Tonton : sobriquet donné en son temps à Mitterrand.

3-     Essais, XXIII De la coutume et de ne changer aisément une loi reçue.

4-     Heureusement : avec bonheur, joie perverse.

5-     Organisation de la Cité, ordre social.

Share
Cette entrée a été publiée dans A la Une. Vous pouvez la mettre en favoris avec ce permalien.

Les commentaires sont fermés.