Savoir discipliner ses désirs pour ne pas être victime de la consommation

Michel Onfray, encore. Il traite ici d’un problème que j’ai souvent évoqué, celui de la maîtrise du désir (par exemple à la fin de cet article, mais recherchez dans mes autres articles). Il est clair depuis Épicure et Lucrèce que le désir non maîtrisé entraîne des tas d’ennuis. La frustration est un passage normal dans l’éthique, c’est pourquoi il est nécessaire de frustrer les enfants pour qu’ils « connaissent » leur désir, le maîtrisent et le transfèrent sur un autre objet. Prise dans un autre sens, au sens vulgaire, la frustration entraîne du ressentiment et des comportements aberrants, infantilisant, dont l’endettement n’est qu’un aspect. On peut dire que le « consommateur » frénétique est un frustré, comme le bobo, et que son comportement s’apparente à celui du psychopathe.

C’est sans doute un truisme que de dire que les abominables techniques de la réclame (publicité, marketing) sont basées sur le désir, mais le consommateur ne fait pas ce retour démystificateur sur son propre désir, il est impuissant. Voilà qui ne peut que réjouir les monopoles qui offrent toujours plus à désirer, et mettent les consommateurs en esclavage. Pourtant, en se comportant en épicurien, en ne désirant que ce qu’il est raisonnable de désirer, on peut faire échec à cette abondance décadente de « biens » (on devrait dire « de maux ») inutiles.

Michel Onfray a une culture philosophique assez semblable à la mienne (en fait, nous avons lu les mêmes auteurs matérialistes de l’Antiquité plus quelques autres comme Meslier, Helvétius, d’Holbach, Nieztsche). Je ne suis pas cependant de gauche, ni « antilibéral » -par contre férocement antimonopoliste- mais disons que nous sommes sur le même terrain philosophique. C’est ce dont m’a persuadé la lecture de Cosmos et de Décadence. Avec aussi, c’est normal, des désaccords.

Sacha

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