Méditer… puis cogner !

Oh maisPuisque la première mi-temps semble perdue, j’invite, avant que commence la prochaine révolte (que j’attends comme conséquence de la fiscalité) , à méditer deux réflexions de Tocqueville dans De la Démocratie en Amérique.

La première révèle la source du mal. « (…) Il arrive quelquefois dans la vie des peuples un moment où les coutumes anciennes sont changées, les mœurs détruites, les croyances ébranlées, le prestige des souvenirs évanouis, et où, cependant, les lumières sont restées incomplètes et les droits politiques mal assurés ou restreints. Les hommes alors ne perçoivent plus la patrie que sous un jour faible et douteux ; ils ne la placent plus ni dans le sol, qui est devenue à leurs yeux une terre inanimée, ni dans les usages de leurs aïeux, qu’on leur a appris à regarder comme un joug ; ni dans la religion, dont ils doutent ; ni dans les lois qu’ils ne font pas ni dans le législateur qu’ils craignent et méprisent. Ils ne la voient donc nulle part, pas plus sous ses propres traits que sous aucun autre, et ils se retirent dans un égoïsme étroit et sans lumière. Ces hommes échappent aux préjugés sans reconnaître l’empire de la raison ; ils n’ont ni le patriotisme instinctif de la monarchie, ni le patriotisme réfléchi de la république ; mais ils se sont arrêtés entre les deux, au milieu des confusions et des misères. » Nous y sommes !

La seconde explique la diabolisation consécutive à la bigoterie de la bien-pensance : « Les princes avaient pour ainsi dire matérialisé la violence ; les républiques démocratiques de nos jours l’ont rendue tout aussi intellectuelle que la volonté humaine qu’elle veut contraindre. Sous le gouvernement absolu d’un seul, le despotisme, pour arriver à l’âme on frappait grossièrement le corps ; et l’âme, échappant à ces coups, s’élevait glorieuse au-dessus de lui ; mais dans les républiques démocratiques, ce n’est point ainsi que procède la tyrannie : elle laisse le corps et va droit à l’âme. Le maître n’y dit plus : Vous penserez comme moi ou vous mourrez ; il dit : Vous êtes libres de ne point penser ainsi que moi ; votre vie, vos biens, tout vous reste ; mais de ce jour vous êtes un étranger parmi nous. Vous garderez vos privilèges à la cité, mais ils vous deviendront inutiles ; car si vous briguez le choix de vos concitoyens, ils ne vous l’accorderont point, et si vous ne demandez que leur estime, ils feindront encore de vous la refuser. Vous resterez parmi les hommes, mais vous perdrez vos droits à l’humanité. Quand vous vous approcherez de vos semblables, ils vous fuiront comme un être impur ; et ceux qui croient à votre innocence, ceux-là même vous abandonneront, car on les fuirait à leur tour. Allez en paix, je vous laisse la vie, mais je vous la laisse pire que le mort. » (1) Comprenez-vous ce qui nous arrive ?

Pour terminer provisoirement avec les citations, lisez celle-ci tirée du livre de Papacito, « Carnets de Guerre » : « Aussi loin que je me souvienne, j’ai été entouré de patriarches pleins de style qui avaient mené des existences dignes dans des époques qui ne l’étaient pas… Des montagnes humaines d’un temps révolu, qui seules pouvaient témoigner des difficultés qu’elles avaient endurées pour rester debout. Contre le temps, la tempête, la guerre, debout contre le monde lui-même et toute la médiocrité qu’ils portaient dans leurs valises. Debout à tel point qu’il faudra peut-être les enterrer assis pour rendre un ultime hommage à leur refus de s’allonger. » Hé ! Amis, camarades, compagnons ! Nous aurait-on rendus fiottes au point de ne pas suivre l’exemple de ces Hommes ?

Notre mouvement a été infiltré et trahi, faute de défenses immunitaires contre les intrigues du gouvernement et des trahisons que quelques infiltrés. Nous attendions Jehanne, nous avons Ingrid (2)… avec Marlène. Hélas ! On dirait qu’en France la trahison est considérée comme l’un des beaux-arts. Ce n’est pas une raison pour baisser les bras ! Nettoyons nos rangs et rendons pour un œil les deux yeux et pour une dent la mâchoire ! Nous avons bravé la tempête sur les ronds-points, nous sommes encore capables d’aller dans les maquis ! Merde ! Nous ne sommes pas des tarlouzes !

Sacha

(1) Par hasard, alors que j’avais terminé cet article, je suis tombé sur la seconde citation, tronquée et sans aucune mention de l’auteur, ce qui n’est pas honnête du tout. C’est dans le numéro d’aujourd’hui (25 janvier) de Valeurs Actuelles, Lettre de M de Rastignac. Enfin, ce n’est par mal de faire connaître le diagnostic de Tocqueville.

(2) La donzelle vote escrolo et avoue avoir rencontré Schiappa. Si c’est-là l’esprit des GJ, alors je suis le Pape !

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