Décadence

Démovore SmallLes forces obscurantistes sont à la manœuvre. Tel le geai se parant des plumes du paon, elles se proclament progressistes. Quelle tromperie ! Il suffit à l’homme avisé de contempler le remue-ménage occasionné par l’incident consécutif à la provocation ourdie contre la culture nationale à Dijon pour le comprendre. Le coup a été soit comploté, soit récupéré par les djihadistes. On connaît la suite. Les arguments et méthodes employés pour l’occasion à l’encontre de monsieur Odoul sont proprement obscènes, notamment s’ils sont rapportés à tous les crimes perpétrés au nom de la religion chamelière depuis des années et jusqu’à naguère. L’incident montre à quel point les prétendus progressistes ne sont en fait que des esprits totalitaires ou, à tout le moins, les idiots utiles du totalitarisme musulman.

Les progressistes roulent pour tout ce qui est objectivement régression : destruction d’une culture, de la nature dans le genre humain, de l’autonomie politique, des peuples (ce qui fait du progressisme un mouvement ethnocidaire). Le progressiste est une espèce décadente attirée par le Chaos tels les rats derrière le flûtiste d’Hamelin. Si porter l’uniforme d’une religion politique terroriste, si faire des enfants de la marchandise, si la banalisation des perversions constituent du progrès, je suis le Pape !

Le fait est que je ne pose pas mon postérieur sur le Saint-Siège. Le progressisme est une anomalie intellectuelle qui relève du crime d’hybris (ou hubris). Des bipèdes humanoïdes, sous prétexte de scientisme, s’imaginent être maîtres du Cosmos. La Nature a ses lois, oui, oui, mais, elle n’est pas bonne pensent-ils, il faut la corriger. On va te vous installer le Paradis sur Terre, et l’Homme sera presque un dieu mortel (il y en a même qui songent à l’immortalité !). Le progrès, c’est la marche en avant, comme les godillots macronistes. Mais que veut dire « en avant » ? En vertu de quels songes creux, de quels mirages, de quels appétits avoués et surtout inavoués juge-t-on de l’avancement ? Regardez la courbe ci-contre schématisant les délires du progressisme.

courbe-progressisteDans leurs crânes de piafs, les adorateurs du Progrès s’imaginent une progression exponentielle d’un bien-être hédoniste. Ils confondent le provignement des réalisations techniques et des connaissances scientifiques avec un bien qui n’existe que dans leurs fantasmes. Pour eux, ignorants comme des intellectuels, le Moyen Age fut une période sombre, mais vint la Renaissance, et depuis, croient-ils, le progrès s’amplifie. Ils ne voient pas, ou feignent de ne pas voir, l’abrutissement progressif des masses humaines enchaînés à l’auge de la Consommation. Ils voient l’abondance des biens de consommation, sans voir l’obésité, le recul intellectuel des accros de l’Ipod, le conformisme imbécile, la violence meurtrière de ceux qui veulent tout, tout de suite et sans en payer le prix.

courbe-reelleMoi, je vous propose une autre courbe qui est bien plus conforme à la réalité de l’existence des civilisations dont Paul Valéry disait qu’elles ont appris qu’elles sont mortelles. La courbe existentielle d’une civilisation n’est pas du tout exponentielle, elle s’apparente davantage à une sinusoïde (courbe ocre de référence). Elle naît sur les ruines d’une civilisation antérieure, croît jusqu’à son apogée, puis décroît jusqu’à mourir. La pente fatale des civilisations, on l’appelle décadence. Toutefois, la belle fonction sinus est trop lisse pour refléter exactement la réalité des faits. A chaque phase de l’histoire d’une civilisation, il y a des hauts et des bas, des épisodes satisfaisants comme des épisodes tragiques, ce que traduisent les irrégularités aléatoires de la courbe bleue.

Je ne sais pas où situer exactement l’apogée de notre civilisation Occidentale, et n’ai pas cherché à faire courir la fonction sur l’échelle réelle de l’Histoire, de Clovis à l’insignifiant Macron. Toutefois, le schéma suffit à situer où nous en sommes, nous autres Français, au moment où vous lisez ces lignes. Nous sommes presque au bout de la décadence et l’extinction d’un feu qui a duré de 481 au début du présent siècle est fort proche. Le dernier épisode de remontée date de la période 1958-1967. Il venait après un effondrement total en 1940, mais le passage aux valeurs négatives de la courbe pourrait bien se situer dans la période 1789-1799, sauf à admettre avec Zemmour que l’apogée corresponde à 1806. Je ne le crois pas : la Révolution avec ses stupides « droits-de-l’homme » avait déjà prononcé le déclin, peut-être induit par la philosophie bourgeoise des Lumières. Peu importe ! Chacun trouvera les repères qui lui conviennent dans la biographie d’une civilisation qui se meurt.

On ne peut manquer d’avoir le cœur serré en écoutant la fin de la dernière entrevue de TVLibertés avec JM Le Pen. « -Et vous pensez que la France peut disparaître, maintenant ?» lui demande-t-on. « Je n’aimerais pas à avoir à répondre à cette question, parce que j’ai le devoir de continuer à espérer et à faire espérer ceux qui sont autour de moi. mais il faut reconnaître que, sur le papier, la situation est tragique. , répond le vieux tribun. Car une civilisation ne dure que tant qu’elle croit en elle-même, qu’elle constitue ses frontières formelles et géographiques, qu’elle compose avec les lois de la Nature sans chercher à les forcer. Tout au contraire, les forces obscures ont détruit toutes nos frontières, politiques, géographiques, culturelles, raciales, d’espèce, pour nous jeter dans le chaos d’un mondialisme délirant -qui ne sévira qu’un temps, sans doute, mais qui aura eu loisir de nous détruire avant d’être jeté à la poubelle de l’Histoire. Les forces obscures ont détruit la famille, fondement de toute société. On laisse le barbare ennemi camper sur notre terre, on le caresse dans le sens du poil, on connaît ses desseins mais on ne fait rien contre ses méfaits. Les « droits-de-l’homme », que l’on avait décrétés comme rempart à la tyrannie se révèlent être in fine le plus redoutable instrument de tyrannie pour avoir été légalisés. Au contrat social -pas celui de Rousseau, mais bien celui qui fait exister formellement et politiquement la société par la solidarité et la responsabilité de ses membres- on a substitué l’imbécile solipsisme de l’énergumène qui se croit omnipotent et seul au monde.

La gloutonnerie, l’appétit du lucre, la perversion tiennent le haut du pavé. Ainsi, par un dévoiement de la technique, donne-t-on aux pervers la possibilité d’engendrer des enfants sans père, sans mère. La perversion de la Science nourrit les délires climatolâtres ; une enfant autiste devient le Guide suprême pour des foules obnubilées et si peu sages ! On nie le genre, on nie l’espèce, on veut forcer l’humain à ne plus être omnivore. Quiconque demeure raisonnable et lance l’alerte est in petto déféré devant les tribunaux haineux de la pensée unique voire devant les magistrats du Parquet.

La civilisation Occidentale, notamment en France, répond à la description de la sénilité que donnait le vieux Lucrèce : « claudiact ingenium, delirat lingua, labat mens », les capacités intellectuelles déclinent, la langue délire, la raison fait naufrage. Comparez ce que vous voyez avec le Satiricon de Pétrone, vous m’en direz des nouvelles. Le monde fou s’étourdit dans la danse saugrenue des Gloutons ; la fin est proche.

 Que faire ? On ne peut rien contre la fin d’une civilisation. Il n’est pas glorieux de jouer de la lyre devant Rome qui brûle, par plus que d’attendre la fin dans une délectation morose en buvant du bon vin. L’essentiel est de consentir à mourir en même temps que sa civilisation, debout, les armes à la main. Soyons dignes : nous ne pouvons pas changer le monde, mais le monde ne nous changera pas. Et peut-être demeurera-t-il, à l’Est de ce continent, une part de ce qui fut une grande civilisation.

L’Imprécateur

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