Arracher l’École des griffes de l’État

cheveche-athena-smallIl faut poser une bonne foi la question fondamentale à propos de l’école en France. La voici : l’enseignement doit-il ou ne doit-il pas être l’affaire de l’État ?

Autrement dit, l’instruction publique relève-t-elle du régalien ? On pourrait poser la même question à propos de la justice, de la santé, bref, de tous les ministères qui embarrassent les citoyens auxquels ils coûtent fort cher en prix et en nuisance.

Le régalien, seul motif d’existence d’un État parce qu’il accomplit des tâches que le seul citoyen ne saurait lui-même assurer, se réduit à trois rôles : Défense, Sûreté, Diplomatie. L’engagement budgétaire qu’ils impliquent dépasse les possibilités financières de l’habitant, qui par ailleurs doit se consacrer à gagner sa vie et celle de sa famille. En outre, le régalien doit s’exercer dans le temps long, dans la continuité, ce qui explique que, reçu en délégation des mains du peuple, il ne saurait pour autant être électif et dépendre de la versatilité de l’opinion publique.

L’enseignement n’a pas les caractéristiques d’une tâche régalienne. Que la loi le rende obligatoire est une chose, que l’État s’en empare en est une autre. Ce n’est pas par hasard si « l’instruction publique » s’est muée, l’État sortant de ses rôles, en « éducation nationale ». La tendance de l’étatisme est de rogner progressivement la responsabilité des citoyens jusqu’à imposer les contraintes les plus saugrenues -pourquoi pas la recette obligatoire de la soupe aux poireaux végane ?- transformant le citoyen en sujet infantilisé et très obéissant. L’éducation est du strict ressort des familles, c’est un abus de pouvoir que d’en transférer la tâche à un corps de fonctionnaires. Pire : de fonctionnaires idéologisés.

L’idée d’une instruction publique n’est pas née, comme on le croit trop souvent, de la nécessité pour une république de façonner une élite, mais d’un principe absurde prétendant « corriger » la nature et surtout la société, celui d’égalité. La nature étant ce qu’elle est, elle ne s’accorde pas avec l’idéologie ; en vertu de quoi, constatant que certains élèves étaient « en avance » et d’autres « en retard » relativement à des programmes arbitrairement fixés, l’on a inventé « l’âge mental » et le QI. De là l’invention de « classes spécialisées », puis de filières. La situation devenait paradoxale puisque l’égalité assertée engendrait tout benoîtement des inégalités.

Qu’à cela ne tienne ! L’on rabota les programmes, afin qu’il n’y eût plus d’élèves « en retard ». Le recul constant des performances des élèves français aux classements internationaux montre la nuisance de telles mesures idéologiques. Mais l’on a fait encore pire. Au début, l’instruction publique se réclamait de la neutralité, Ferry (Jules) voulant qu’aucun père de famille n’ait à redire quant à l’enseignement que l’État dispensait à ses enfants. Mais l’État, sorti de ses attributions, ne peut que saisir à travers son pouvoir d’instruction l’opportunité de devenir « éducatif », c’est-à-dire d’embrigader idéologiquement la jeunesse. Les États totalitaires l’ont saisie sans vergogne, et désormais le nôtre, paré des oripeaux de la « démocratie » tel le geai des plumes du paon, leur a emboité le pas.

Cela a commencé par la laïcité, arme portée contre les convictions religieuses. Cela a continué par l’inculcation de principes se voulant « universels » : l’internationale, l’Europe, le réchauffement climatique d’origine anthropique… Puis vinrent les idéologies du genre, de la sexualité déviante, et de ce que l’on appelle aujourd’hui le « wokisme ». En Hongrie, ces abus sont justement interdits ; en France, ils sont obligatoires et des cohortes de militants ridicules viennent expliquer aux enfants impubères qu’ils peuvent « choisir » leur genre, devenir homosexuels si cela leur plaît, qu’il existe un « racisme systémique » à combattre à tout prix et autres billevesées.

Voilà une entreprise destructrice, bien de nature à choquer et à éveiller la colère des familles. Bien de nature également à détruire la société. Car il s’agit d’un plan idéologique, il suffit de lire les élucubrations de Benoît Hammond, de répertorier les méfaits de Nadia Belkacem, restons dans la mémoire à court terme des poissons rouges français, pour s’en rendre compte. Le fin du fin en matière d’anéantissement est atteint avec le choix macronique d’El Papa Negro pour ministre de l’éducation. Nous avons là un pur produit du « wokisme », formé à l’idéologie dans une université américaine nourrie, comme beaucoup d’autres, des perversions de la « French Theory ».

Derrida, Foucault, Deleuze… Les délires les plus fous, les plus pervers, sont concoctés dans les cerveaux fêlés d’une clique d’agités du bocal, sise à Saint-Germain-des-Prés. Ceux-là naguère les avaient exportés, aujourd’hui on les réimportent refaçonnés par d’autres cerveaux malades s’agitant dans les bocaux des campus yankees. On les peaufine, on les revend à des énergumènes que l’on a presque honte de qualifier de « politiques » tant ils sont ineptes et corrompus. Comme Foutriquet dit « Caligulaminus ». El Papa Negro étant un pur produit de cette idéologie, on ne peut attendre que le pire de son ministère.

Et malheur aux parents qui s’opposeraient à cette décérébration de leurs enfants : bien au-delà d’être réduits ad hitlerium (« extrême-droite »), ils sont persécutés par les groupes de pression pervers du style LGBTQ + machinchose, et même faire l’objet de « signalements », c’est-à-dire de basse délation pouvant aller jusqu’à les déchoir de la parentalité et de leur retirer les enfants. Cela s’est vu, cela se reverra.

Il n’y a plus rien à espérer d’une France morte en avril dernier. Mais il demeure des hommes, et volens nolens il devront reconstituer une société. Qu’ils veillent à contenir l’État dans le strict exercice de ses pouvoirs régaliens, et surtout qu’ils ne lui confient rien relevant du pouvoir des familles, des communautés, des collectivités locales. La santé est l’un de ces pouvoirs, la justice un autre, l’enseignement enfin est celui qui nous intéresse ici. L’enseignement ne devra plus être confié à l’État, seulement à des organisations locales sous le contrôle des familles. L’école doit obéir à une compétition d’excellence en matière d’instruction, les moins efficaces disparaissant, les meilleures prospérant. L’enseignement ne devra plus être assuré par des fonctionnaires mais par des employés locaux, recrutés sur des critères sévères de compétence, tenus par l’obligation de résultat et licenciables s’ils ne font pas l’affaire. L’instruction visera les seuls savoirs, et laissera le rôle éducatif aux familles. Publique elle sera, en cela que l’on veillera à ce que même les plus pauvres en bénéficient, mais locale, c’est-à-dire hors du pouvoir de l’État.

Ceci risque bien de ne rester qu’une utopie, hélas ! Car il n’y a plus de France, seulement le chaos, et l’avenir n’existe pas encore. Il pourrait être meilleur, mais aussi à l’inverse encore plus totalitaire que ce que nous avons vécu.

L’imprécateur

Share
Cette entrée a été publiée dans A la Une. Vous pouvez la mettre en favoris avec ce permalien.

Les commentaires sont fermés.