Le Temps des Loups

le-temps-des-loups1er février : Imbolc, fête de la fécondité et fête lustrale. Mais les sataniques modernes s’en foutent et continuent leur danse grotesque tandis que le taureau-peuple fonce sur le chiffon rouge des retraites alors qu’il est en train de crever du mondialisme, de l’UE et de la macronie servile.

Revenons à nos considérations politico-littéraires, avec le second livre (en fait le plus récent d’une bonne quinzaine) d’Olivier Maulin, Le Temps des Loups, dévoré encore en une soirée.

Le ligne éditoriale de la collection Borderline, au Cherche-Midi, annonce la couleur : « Comment définir -sans froisser personne- les livres que nous voulons y publier ? Justement comme autant de livres qui se ficheront de froisser qui que ce soit. Des fictions sans précautions, sans le filtre des nouveaux catéchismes ou l’intervention des sensitive readers. » Œuvre de salut public, bienvenue en ce monde satanique en putréfaction.

Le Temps des Loups est une épopée burlesque, mais qui, selon la sagesse rabelaisienne, nous invite à « rompre l’os et sucer la substantifique mœlle de bonne doctrine », à quitter le temps des robots en tous genres pour retrouver la sagesse millénaire qui a protégé notre espèce des aléas. Comme dans Gueule de Bois, nous trouvons une faune pittoresque : auteurs veules fragilisés par le catéchisme woke (Yvon Pottard), harpies féministes lesbacks, journaleux à la dérive (Marchal), un maire fanatique de républicanisme accommodant avec l’invasion barbare (Laroque), les frères Bader (Rambo à la ramasse), et le crétin de compétition, Jean-Mo Grosdidier qui sera le déclencheur de tout un bazar. En face, Jean-Didier, le seul non-fainéant des Grosdidier, Jean-Jean le benjamin rêveur de la famille, le Colonel, et Babou, héritière d’une lignée Argentine, et le demeuré inspiré, Gorrin de Lorraine.

Et celle qui deviendra reine du petit Royaume des Vosges, Blanche, jeune fille sublime « avec des appâts du haut jusqu’en bas bien en place » aurait dit Brassens. C’est elle que cet abruti de Jean-Mo, par une confusion approximative, enlève à la place de l’Américaine Samantha Sun-Lopez lors d’un salon du livre à Épinal (« Un seul type au monde était capable de les confondre, et ce type était Jean-Mo »). Sacré schproum dans la famille Grosdidier, mais Blanche est futée, elle finit par imposer aux trois pieds-nickelés la reprise de l’auberge familiale en déshérence, ce qui ne plaît pas du tout aux aubergistes Bader (qui servent du ragondin sous l’appellation de « lièvre »). Ces derniers, aussi tabanards que Jean-Mo, prendront Jean-Didier en otage, ce qui finira par leur déconfiture à coups d’escopettes.

Blanche est l’antithèse des idées tordues à la mode : « -Tout dépend de ce que vous appelez liberté, répond-elle au maire républicard, (…) c’est quoi cette merde superfétatoire que vous réclamez sous le nom de liberté ? Les mœurs, le commerce, la contestation, changer de sexe ? Vous avez vu où elle nous a menés, votre liberté ?  À des pères qui sont des mamans, des femmes qui se font greffer des verges, des grands-mères qui sucent au cap d’Agde !  À des programmes pour mongoliens à la télé, les enfants gavés par les hamburgers, hypnotisés par les écrans, crétins obèses et couillons dégénérés mais libres ! À de la solitude et du malheur, de la névrose bourrée aux antidépresseurs, des larmes et de la laideur en survêtement, voilà à quoi elle vous a menée, votre liberté chérie ! Alors vous savez quoi ? Je dis merde à votre liberté ! Sans compter la liberté de migrer qui est en train de faire de la France une terre africaine ! »

J’approuve ! Car l’abomination qu’elle décrit (je n’ai cité qu’un petit passage) est très exactement ce que les traîtres qui nous gouvernent prétendent défendre en balançant des armes aux ukronazis. Les « valeurs » de l’Europe, je vous demande un peu… ! Ah ! Elles sont propres, leurs « valeurs » !

Blanche sera initiée aux secrets des gardiens de la tradition ancestrale, l’ordre de la Franc-Bûcheronnerie. Au cours de l’initiation, elle songe, transformée en loup avec cinq autres mystes, qu’elle dépèce un chamois, mais surtout qu’elle rencontre un loqueteux aux mains trouées qui lui explique que c’est aux humains de remettre de l’ordre dans le foutoir satanique consécutif au saucissonnage de Sa parole (« C’est donc dans cette parole vivante, et dans la tradition qu’elle a léguée, qu’il vous faut chercher ces vérités, et non ailleurs, car ailleurs tout est fossile. »). Le Christ donnera un petit coup de pouce : à quelques temps de là, Blanche ressuscitera un bête hamster, ce qui lui vaudra d’être reconnue Sainte et de devenir reine. Petite cause, grands effets : Blanche Ière aura dans sa descendance (elle épousera Jean-Jean le rêveur) une certaine Jeanne II, reine des Vosges.

Car la fin du roman se déroule dans le délitement de la France, consécutif à l’insurrection des barbares. L’État est veule, impuissant, le pays se disloque, c’est la « partition », il faut protéger ce que nous ont légué les siècles, et cela commence par la résistance de petits royaumes, non des républiques, revenus aux valeurs millénaires.

L’on rit souvent, en lisant Le Temps des Loups, mais le message est clair, et le lecteur referme l’ouvrage, songeur. Je ne doute pas que les cuistres de Télérama ou de Libération l’éreinteront, il n’y a rien d’autre à attendre de tels sagouins gavés d’argent public. Mais les sages, eux, sauront en tirer la leçon. Car le sage ne saurait demeurer devant un écran, le cul sur une chaise, en attendant que les alouettes lui tombent toutes rôties dans la main. Il prend les armes, il se fait paladin.

Sacha

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