Convergence de vues

Adolf-enfer2Guy Millière, ici chez DreuzInfo, reprend cette idée que j’ai développée dans mes quatre « leçons » sur le fascisme. Lui parle de « totalitarisme », mais c’est fondamentalement la même chose.

En effet, il rapproche les fascistes, nazis et communistes dans un même totalitarisme violent, presque disparu aujourd’hui nonobstant par exemple la dynastie des Kim en Corée du Nord. Et il distingue un autre totalitarisme, « florissant » sous des allures démocratiques, « présent à des degrés divers dans les sociétés occidentales » où il « injecte son venin ». Mais, remarque-t-il, et il est d’accord avec moi, « son objectif est le même que celui du premier totalitarisme : seuls les moyens dont il use diffèrent ».

Nous connaissons ces moyens institutionnalisés, qui assurent la mainmise de ceux qui se sont emparés de l’État sur l’ensemble de la société, infantilisant les citoyens jusque dans le privé de leur demeure, jusque dans la famille, bref : en les assujettissant. Parmi ceux-là, des moyens insidieux de subversion, théorisés par Gramsci (un communiste parmi les pires) consistant à «infiltrer les appareils de culture et d’enseignement, la production et la diffusion de connaissance et d’information jusqu’à parvenir à un effet de saturation faisant que l’ancienne hégémonie (des capitalistes, selon Gramsci) soit abolie et remplacée par une autre. »

Il suffit de constater comment la « culture » officielle est noyautée par de pauvres histrions gauchistes sans talent, comment l’enseignement public est (depuis des lustres) sous la coupe d’idéologues dont le parti-pris culmine actuellement avec Belkacem, comment les médias constituent un Propaganda Staffel véhiculant une distorsion incroyable de la réalité, pour s’en convaincre. « Ce travail d’infiltration a été fait ou est en train de se faire », dit Millière.

Millière fait le même constat que j’ai fait à propos de l’action insidieuse des communistes. Nous la connaissions depuis 1944, lorsque de Gaulle a été en quelque sorte contraint de composer avec les troupes FTP pour éviter des affrontements sanglants et – il faut bien le dire – pour contrebalancer les visées hégémoniques des Alliés, notamment des Américains (que l’on se souvienne de l’AMGOT). Les communistes en ont profité pour tout infiltrer, l’administration, l’instruction publique, la police, y compris l’Armée. Mais ensuite, à l’occasion de la guerre du Vietnam, a émergé cette « contre-culture » décadente qui a envahi d’abord des campus Américains. Toutes les composantes de la décadence occidentales s’y sont affichées, depuis les traîtres refusant d’aller combattre les communistes jusqu’aux drogués, avec une idéologie qui allait donner la banalisation des perversions. « Les résultats sont visibles avec la présidence Obama », écrit Millière. Je dirais, moi, qu’il y a bien trente ans qu’ils sont visibles, mais que peu de gens s’en rendaient compte, intoxiqués par la propagande. Les désastres de l’administration d’Obama ne sont que la conséquence contemporaine d’une rapide dégradation. La suite pourrait être les désastres d’une administration Hillary Clinton.

Nous sommes d’accord, Millière et moi, pour dire que « L’un des pays les plus touchés a été la France. Les conséquences se voient tout autour de nous. » La centralisation étatique, héritée du jacobinisme qui a inspiré les pires dérives totalitaires existait depuis très longtemps en France. C’est même une caractéristique de ce malheureux pays, depuis Philippe le Bel, en passant naturellement par Richelieu et Louis XIV, Buonaparte et quelques autres. Tocqueville notait : « En France, il n’y a guère qu’une seule chose qu’on ne puisse faire : c’est un gouvernement libre, et qu’une seule institution qu’on ne puisse détruire : la centralisation »

Conséquence logique : l’État mêle-tout est omniprésent, « La France a longtemps été un pays d’économie mixte et dirigée : c’est un pays où des scléroses multiples font que les seules entreprises encore viables sont celles qui usent de subterfuges pour délocaliser leurs activités ou, pour le moins, leurs comptes. » Eh oui ! Tel est le « mal Français », ou du moins son aspect économique. L’idéologie totalitaire (fasciste, donc) y est partout instillée : dans l’enseignement « tellement sinistré qu’on n’y apprend quasiment plus ce qui permet une intégration efficace des jeunes gens à un fonctionnement libre et dynamique », dans l’information devenue le champ d’un Propanganda Staffel où des minables comme Aymeric Caron ou Askolovitch prospèrent à l’état sauvage, dans la politique elle-même. Constat : «  Le parti socialiste est à bout de souffle et, bien qu’il ait été l’un des rouages essentiels qui ont conduit à la situation présente, se trouve touché par un discrédit croissant. Ses subterfuges ne trompent quasiment plus personne. La gauche plus radicale est plus à bout de souffle encore que le parti socialiste ». Acceptons-en l’augure, mais : « Cela ne signifie pas que les idées socialistes ont disparu : elles sont, au contraire, omniprésentes dans le programme du FN, qui leur ajoute le nationalisme. Elles sont aussi omniprésentes dans ce qu’on appelle la droite modérée. » Tous ceux qui m’ont lu jusqu’ici savent que c’est exactement le diagnostic que je pose sur l’état d’esprit de la caste politique, sauf que je ne considère pas le nationalisme comme une position négative, parce qu’il n’y a pas d’incompatibilité entre l’esprit de nation et le libéralisme. Par contre, le national-socialisme, c’est une catastrophe comme le communisme.

Et pour le proche avenir ? Rien à l’horizon, et j’en suis d’accord : « Dans ce contexte, Nicolas Sarkozy tente de faire son retour. Il n’a rien changé à ce que je viens de décrire entre 2007 et 2012. Je doute qu’il puisse changer quoi que ce soit désormais. » C’est plus qu’évident : Sarkozy est un cheval de retour, un étatiste de la même eau que les autres. Alors qui ? Personne de connu, en tous cas. Sans doute y a-t-il au sein du peuple des gens capables. Mais je ne crois pas qu’il y ait de sauveur suprême, « ni Dieu, ni César ni tribun ». C’est à nous de retrousser les manches, trousser des barricades, détrousser les galapiats qui nous oppriment.

Sacha.

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