Refonder un État véritable

Oh maisOn s’étonnera sans doute que Vautrin, anti-étatiste ardent, en vienne à regretter qu’il n’y ait plus d’État alors qu’il affirme que nous en avons trop, d’État. Ce n’est que paradoxe apparent. Oui, il y a trop d’État, c’est-à-dire que l’État se mêle indûment de ce qui ne le regarde absolument pas. Par cet abus de pouvoir, il infantilise les citoyens en les contraignant sous des monceaux de règlements parfaitement stupides lorsqu’ils ne sont pas révoltants. Par exemple on impose au citoyen une alarme anti-feu, en même temps qu’on lui interdit de posséder des armes pour se défendre ; ou encore, le citoyen est travaillé par la propagande d’un inutile ministère dit « de la santé » qui non seulement l’incite à dépenser son argent en cinq fruits et légumes quotidiens, mais encore lui interdit de fumer par le biais vicieux du paquet anonyme à 10 €. Il y a tellement d’exemples de ces abus anthroponomiques que je passerais l’année à les énoncer. Bien sûr, l’excès insupportable d’État se ressent aux effets pervers de la politique dite « sociale », ce tristement fameux « modèle Français » qui consiste à spolier ceux qui produisent, capitalistes et travailleurs, pour redistribuer à d’autres placés en position d’assistés, c’est-à-dire infantilisés. Et ceux-là sont légion, leur nombre s’accroît de jour en jour. Bref, cet État-là est une pure catastrophe qui sous couvert de « solidarité » – souvent en faveur de personnages douteux – ruine la Nation, génère des faillites et du chômage. Il décide de tout, y compris de l’éducation de nos enfants. C’est le monstre Big Brother.

Et puis, dans toute société, il y a ce que l’on peut à proprement appeler « État », à savoir la superstructure à laquelle nous déléguons le soin de conserver nos biens, notre vie, notre sécurité. C’est la forme normale, collective donc contractuelle de notre droit à l’autodéfense. Là se situent les rôles régaliens : défense nationale, sécurité intérieure, diplomatie. Si l’on analyse correctement, on constatera que cela concerne la souveraineté d’un peuple. La souveraineté nous affranchit de la dépendance à d’autres pays, elle empêche que l’étranger ne nous spolie, elle garantit que nos lois ne ressortissent qu’à nous et non à un autre peuple, que seuls nos propres juges, et non ceux des autres, fassent appliquer nos lois. Ajoutons qu’avec la souveraineté, cet État-là a le privilège de battre monnaie. Cette forme a minima, mais fondamentale, de l’État résulte du procès normal de constitution politique qui agrège contractuellement les citoyens tout en excluant ce qu’il n’est pas possible d’inclure, c’est-à-dire le reste de l’humanité. C’est en somme un double processus d’inclusion exclusive.

Pris dans ce sens, alors nous pouvons dire qu’il n’y a plus d’État en France. Cela se constate par mille et un phénomènes, le plus important étant la perte de la souveraineté nationale. L’imprudente incorporation de la France dans le conglomérat ouest-Européen s’est opérée par ce que l’on appelle pudiquement des « transferts de souveraineté » qui sont en réalité des abandons. L’instance qui légifère et gouverne n’est plus en nos murs, elle est non point déléguée – à plusieurs reprises le peuple a exprimé son refus – mais imposée sous la forme d’un pouvoir transnational. La loi et les règlements fédéraux ont barre sur notre législation qui au mieux ne peut que produire des règlements de détail, trop souvent vexatoires et contraires à l’autonomie des citoyens et à la démocratie. Un État fédéral, illégitime, s’est emparé du pouvoir, et donc nous n’avons plus d’État. Par exemple, pouvons-nous encore bénéficier de la sécurité intérieure ? La multiplication des attentats islamiques, l’invasion par des masses venues de l’Afrique, créent un état permanent d’insécurité auquel nulle réponse efficace n’est apportée. Notre police est contrainte de déférer aux préconisations de l’entité européenne et de son chien de garde, la Cour Européenne des Droits de l’Homme. Nous n’avons pas le droit d’expulser les trublions étrangers ni même de les punir. Le honteux traité de Schengen nous interdit de fermer nos frontières pour nous prémunir contre l’invasion. Nous disposons d’une force armée –il est vrai bien miséreuse- mais elle ne sert plus à protéger nos frontières, elle se déploie ailleurs avec l’autorisation de l’Union Européenne, de l’OTAN et de l’ONU.

Bref : les rôles régaliens de l’État ne sont plus remplis, pas plus que n’est respecté le privilège de battre monnaie, parce que nous n’avons plus d’État, seulement un faux État Big-Brother. Ce n’est certainement pas la conséquence d’un arrêt du Destin : nous eussions dû nous protéger, comme l’a fait l’Allemagne, contre les empiètements de souveraineté en inscrivant dans notre Constitution la primauté de nos lois et institutions sur celles de l’entité européenne ; faute de l’avoir fait, nous sommes privés de souveraineté. La conséquence, la déliquescence nationale, est parfaitement conforme aux idées de Roosevelt et de Monnet : la guerre en Europe est la conséquence de l’existence des Nations, supprimons-les, ainsi nous supprimerons la guerre. C’est un sophisme, bien entendu, propre à remplacer la guerre entre peuples par la guerre civile. La rage pacifiste est meurtrière.

La désorganisation, l’insécurité dont nous souffrons, la destruction de notre appareil de production, sont les conséquences de la perte de souveraineté et des vices structuraux de notre propre système. En fait, plus rien n’est représentatif de la souveraineté du peuple, et surtout pas celui qui normalement est la garant de la souveraineté, le président de la République. Il nous faut nous retirer du piège, même si comme maître Renard nous devons nous sectionner la patte prise dans ses mâchoires ; c’est très douloureux, mais préférable à la mort. Le premier acte est d’inscrire dans la Constitution la primauté de nos lois sur les lois fédérales européennes. Et cela, pour le moment nul parti, nul homme issu d’un parti politique n’est assez courageux pour le faire : c’est au peuple de l’imposer, car le peuple n’est pas les partis et les partis ne sont aucunement représentatifs du peuple. Il faut que nous puissions dire à l’Europe des eurocrates : « Stop ! Nous reprenons nos billes », même si c’est douloureux. Cela n’implique pas nécessairement le retrait d’un marché commun, qui a plus d’avantages que d’inconvénients, ni l’instauration d’un protectionnisme autarcique appauvrissant à terme. Cela veut dire, par exemple : nous sommes politiquement responsables de nous-mêmes, et si nous ne fermons pas nos frontières aux marchandises, du moins les fermons-nous aux envahisseurs. Nous ne combattrons pas un ennemi désigné par d’autres, mais seulement celui qui nous est hostile.

Ne pas faire cela, c’est demeurer à la remorque de l’étranger, avec tous les périls que cela comporte, et ces périls nous les subissons quotidiennement. Alors ?

Sacha

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